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Ceux qu'il faut aussi voir...

Jeudi 15 mai 2008

Eau

Eau

Quelques gouttes roulent sur ma peau,
Perles fines, fluides, transparentes
Glissant le long de mon dos
Chaudes telles les mains aimantes
De celui que j'aime

Pluie qui tombe sur mon corps
Vagues m'enveloppant
Douceurs et chaleurs moites
Je me détends m'évade
Elément premier je retrouve

Apaisement de l'onde
Je deviens l'autre, venu d'ailleurs
Narval ou dauphin je parcours la mer
Libre de toutes contraintes je joue
Quelques gouttes roulent sur ma peau.

De la surface de l'océan,
Aux abîmes abyssales
Ces perles fines, fluides et transparentes
Baignent mon corps de douceurs amour
Je ne peux m'en lasser

Je renoue avec l'origine
Le début de toute création
Douceurs et chaleurs moites
Font écho au ventre maternel
Bientôt la fin de ce moment

Détendue, différente, il est temps
Et lentement je quitte - comme à regret
L'eau, l'eau ! qui me baignait
Je retourne à la terre si ferme
Terre que je quitterai pour l'eau encore


Maître Fred et Harmonie
Jongle

par Harmonie publié dans : Mes univers, mes écrits
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Mercredi 14 mai 2008

Pas d'article mais une photo pour aujourd'hui...


Prises sur un bord de route en Bretagne...
par Harmonie publié dans : Carnets de Voyage communauté : Les Cheminants
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Mardi 13 mai 2008

Chapelle ruinée

Et je retourne encor frileux, au jet des bruines,
Par le délabrement du parc d'octobre. Au bout
De l'allée où se voit ce grand Jésus debout,
Se massent des soupçons de chapelle en ruines.

Je refoule, parmi viornes, vipérines,
Rêveur, le sol d'antan où gîte le hibou ;
L'Érable sous le vent se tord comme un bambou.
Et je sens se briser mon coeur dans ma poitrine.

Cloches des âges morts sonnant à timbres noirs
Et les tristesses d'or, les mornes désespoirs,
Portés par un parfum que le rêve rappelle,

Ah ! comme, les genoux figés au vieux portail,
Je pleure ces débris de petite chapelle...
Au mur croulant, fleuri d'un reste de vitrail !


Emile Nelligan

Evidemment, je publie ce poème à cause de mon article sur la Chapelle Sainte-Barbe .

par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Lundi 12 mai 2008
Il s'agit d'une chapelle bretonne, près de Berrien. Voici son histoire telle que décrite sur le panneau explicatif :

" La chapelle Sainte-Barbe a été construite entre les villages du Squiriou et de Ty ar Gall en 1865, sur l'ancienne voie romaine. En 1876, un Berriennois fait don d'un terrain à la paroisse situé à 500 mètres du Bourg: vu l'éloignement de la chapelle, le recteur de l'époque sollicitera le démontage de celle-ci pour être reconstruite sur le terrain offert.
C'est à la date du 9 août 1896, que la chapelle sera reconstruite entièrement au lieu-dit "Le Poullic" et que le père Legrand, curé d'Huelgoat , en bénira la cloche.
Malheuresuement, son existence sera de courte durée, puisque le 17 juin 1955, un violent orage s'abat sur les Monts d'Arrée et la foudre viendra, en deux fois, frapper la toiture de la chapelle. Le feu détruira une grande partie de ce monument. "



En voyant cette chapelle, des vers me venaient à l'esprit. En particlulier ceux d'Anatole Le Braz, Sanctuaire en ruines  et Messe Noire . Puis j'ai songé aux  Litanies de Notre-Dame-des Ténèbres .


Il y a quelque chose d'infiniment bouleversant, d'infiniment intime et presque humain dans une ruine, surtout ruine d'un lieu sacré. Quelque chose qui fait que l'on sent encore la révérence, comme un souffle ténu d'une foi ancienne, et que pourtant tout cela a disparu.
Une fragilité troublante dans ces lieux-là, qui ont été et ne sont plus, et pourtant sont encore. Comme un renvoi à notre propre fragilité, inhérente à notre humanité.
Et je ne peux que comprendre les Romantiques qui chérissaient les ruines, qui sont peut-être parmi tout ce que l'Homme a construit, la trace la plus réelle de la finitude de nos actes et de l'infinitude de nos pensées.

par Harmonie publié dans : Carnets de Voyage communauté : Les Cheminants
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Dimanche 11 mai 2008

Nous sommes en 1831. La cathédrale est une vieille dame fatiguée, blessée par les siècles. Il est envisagé de la démolir.
Mais un jeune écrivain, admirateur de ce monument pourtant marginalisé, décida qu'il était hors de question de laisser détruire un tel chef-d'oeuvre architectural. A travers le roman, il fit de cette ruine un édifice familier des Parisiens, créa un véritable engouement pour la vieille cathédrale.
Au point que plus personne n'envisagea sérieusement sa suppression...

Si Notre-Dame est encore debout aujourd'hui, c'est sans doute parce qu'un certain Victor Hugo a créé l'image du Bossu qui hante les tours et de la belle gitane sur le parvis...

C'était jusqu'alors l'architecte Godde qui était chargé de l'entretien. Mais personne ne voulant lui confier les travaux de restauration, on se tourna vers la jeune équipe de Jean-Baptiste Lassus et Eugène Viollet-le-Duc, qui s'étaient distingués lors de la restauration de la Sainte Chapelle.
En 1843 le chantier leur est confié, mais il faudra attendre 1845 pour que des fonds leurs soit alloués. On leur accorda à peu près l'équivalent de 25 millions d'euros, c'est-à-dire presque rien, vu l'ampleur des travaux nécessaires.
Les travaux s'arrêtèrent donc plusieurs fois, le temps que les architectes convainquent l'Assemblée Nationale de leur allouer davantage de moyens...

Jean-Baptiste Lassus décède en 1857, Eugène Viollet-de-Duc continue seul les travaux. La restauration fut terminée en 1864.

Les restaurateurs se sont efforcés de reconstruire à l'identique ce qu'il était possible de reconstruire. Malheureusement, dans la majorité des cas, il n'en restait plus de traces. Pour reconstituer l'ornementation sculpturale, Lassus et Viollet-le-Duc s'inspirèrent (voire copièrent) des oeuvres de la même époque et restées intactes (c'est-à-dire provenant des cathédrales d'Amiens, de Chartres et de Reims). Mais il y a une part d'invention...

Les sculpteurs furent réunis sous la direction de Adolphe-Victor Geoffroi-Dechaume. Aucune liberté de création ne leur était accordée, tout était dessiné au préalable par les architectes jusque dans les moindres détails.

En particulier les statues des douze apôtres qui entourent la nouvelle flèche, oeuvres de Geoffroi-Dechaume lui-même, furent particulièrement surveillées par Viollet-le-Duc.
Tous les apôtres regardent droit devant eux, sauf un tourné vers la flèche, saluant ceux qui ont eu l'autorisation exceptionnelle de monter jusque-là... Saint Thomas, patron des Architectes.

Est-ce un hasard s'il ressemble beaucoup à Viollet-le-Duc lui-même ?

 
par Harmonie publié dans : Carnets de Voyage communauté : Les Cheminants
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Je remercie SaT pour m'avoir gentiment offert le dessin qui me sert d'avatar. Drôlement sympa, vous ne trouvez pas ? (c'est lui qui dessine la République des fourmis, citée en lien).

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