Vous avez dit

Voyages...

Ceux qu'il faut aussi voir...

Jeudi 27 décembre 2007

Je sais que nous sommes en période de fêtes, mais il est d'autant plus important de ne pas oublier ceux qui n'ont pas notre chance...
Donc voici un autre de mes anciens poèmes, malheureusement toujours d'actualité.

Une enfant qui sourit

Une enfant qui sourit, un peu mélancolique
Dont les yeux brillent dans son visage aux traits tirés
Dans sa chemise de nuit semble famélique
Chez elle le rire se mêle aux larmes passées

Ses joues sont creuses et sa peau d’une pâleur de cire
Mais ses lèvres sont rouges, d’un rouge éclatant
Elle ne comprend pas qu’elle est en train de mourir
Que le fil de sa vie s’affaiblit lentement

Elle tend vers toi sa main dont tu vois les os
En un geste futile pour te garder près d’elle
Pour que même quand elle dort, quand ses yeux sont clos
Tu sois là pour lutter contre ses peurs irréelles

Insomniaque elle ne l’avait jamais été
Maintenant le soir elle devient hystérique
Le sommeil elle ne trouve, ses yeux sont cernés
Parfois son cœur esquisse une danse arythmique

Elle ne se reconnaît plus dans les miroirs
Comme si le reflet n’était pas son image
Et son regard d’enfant est celui d’un vieillard
Qui a vécu sa vie ; elle n’a plus vraiment d’âge

Dans un faible sursaut son corps anémié
Dont les muscles ont fondu autour de son squelette
Le bord de son lit de fer cherche à agripper
Inutiles sont ses doigts fins comme des baguettes

Pendant qu’elle gravit les marches de la mort
Qu’impuissant tu assistes à sa lente agonie
Le ou les dieux que tu pries statuent sur son sort
Inéluctablement elle quitte la vie

A l’aurore dans un soupir elle a expiré
A l’aube est venu le crépuscule de sa vie
Sans un seul cri elle a cessé de respirer
Quand le soleil renaît, elle sombre dans la nuit

Sa dépouille enfantine sera incinérée
Son cadavre si léger dans les flammes brûlera
Tes larmes couleront : la faim l’a emportée
Et ce sera le goût de l’eau que tu boiras

Tant d’enfants dans le monde souffrent de la faim
Et beaucoup trop nombreux sont ceux qui y succombent
Tant de vies et de talents gaspillés en vain
Trop nombreux sont ceux pour qui on creuse des tombes

par Harmonie publié dans : Mes univers, mes écrits
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Mercredi 26 décembre 2007

Liberté

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom 

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté. 


Paul Eluard,

" Poésie et vérité 42 "

Ce poème est écrit pendant la Seconde Guerre Mondiale (en 1942), et il sera parachuté dans la France occupée. C'est un appel à la Résistance.
Je pense que vous le connaissez, mais en parlant de mon année de CE2, je ne pouvais pas ne pas le citer...

par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Mercredi 26 décembre 2007

Etymologiquement, "polis" en grec ancien signifie "la cité organisée" et "politeia" est à la fois la constitution et l'ensemble des citoyens.
La politique c'est donc ce qui concerne l'ensemble des citoyens.

J'avais prévenu dans la description de mon blog que je ferais peut-être un peu de politique. Simplement parce que je suis citoyenne, donc concernée par la politique.

J'ai grandi alors que beaucoup pensaient que la politique n'intéressait pas les Français. Ces dernières années ont montré que tout intérêt n'était pas mort. A la fois je m'en réjouis, mais en même temps je sais à quel point la politique peut-être objet de disputes.
N'ayant aucune envie de me fâcher avec qui que ce soit, et admettant que l'on puisse avoir des opinions contraires aux miennes, dans la mesure où elles respectent l'Autre en tant qu'être humain, je crée donc une catégorie à part.

Ceux de mes visiteurs qui ne souhaitent pas échanger sur ces sujets peuvent donc sauter les articles en question, et continuer à échanger sur les autres.

Je tiens à préciser que je n'adhère à aucun parti, bien que mes idées soient proches de certains d'entre eux. 
Ici nous ne parlerons pas des personnes mais uniquement des idées. Dans cette catégorie comme dans les autres, je ne ferai pas de propagande, mais nous chercherons ensemble, si vous le voulez bien, les moyens de mieux vivre ensemble.

Car, et tous les philosophes le savent, la recherche de l'harmonie conduit un jour à la politique.

par Harmonie publié dans : Politique citoyenne
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Mardi 25 décembre 2007

Chanson d'automne

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.


Paul Verlaine,
Poèmes saturniens

Vu les commentaires de Julien, je ne pouvais que partager ce poème avec vous, même s'il est probable que vous le connaissiez déjà.

par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Mardi 25 décembre 2007

Romance de la luna, luna

La luna vino a la fragua
con su polisón de nardos.
El niño la mira, mira.
El niño la está mirando.

En el aire conmovido
mueve la luna sus brazos
y enseña, lúbrica y pura,
sus senos de duro estaño.

Huye luna, luna, luna.
Si vinieran los gitanos,
harían con tu corazón
collares y anillos blancos.

Niño, déjame que baile.
Cuando vengan los gitanos,
te encontrarán sobre el yunque
con los ojillos cerrados.

Huye luna, luna, luna,
que ya siento sus caballos.
Niño, déjame, no pises
mi blancor almidonado.

El jinete se acercaba
tocando el tambor del llano.
Dentro de la fragua el niño,
tiene los ojos cerrados.

Por el olivar venían,
bronce y sueño, los gitanos.
Las cabezas levantadas
y los ojos entornados.

Cómo canta la zumaya,
¡ay, cómo canta en el árbol!
Por el cielo va la luna
con un niño de la mano.

Dentro de la fragua lloran,
dando gritos, los gitanos.
El aire la vela, vela.
El aire la está velando. 


Federico Garcia Lorca

Une fois n'est pas coutume, voici un poème espagnol et non français (ah bon, vous aviez remarqué ?). Comme je sais que certains ne comprennent pas l'espagnol, voici la traduction (c'est une traduction personnelle, qui conserve uniquement le sens et non la beauté poétique, il ne faut pas trop m'en demander) :

La lune vint à la forge
avec ses volants de nards
L'enfant la regarde, regarde
L'enfant est en train de la regarder

Dans l'air qui s'émeut
La lune bouge les bras
Et montre, lubrique et pure
Ses seins de dur étain

-Fuis lune, lune, lune
Si viennent les gitans
Ils feraient avec ton coeur
Des colliers et des anneaux blancs

-Enfant, laisse-moi danser
Quand viendront les gitans
Ils te trouveront sur l'enclume
Avec les yeux fermés

-Fuis lune, lune, lune
Je sens déjà les chevaux
-Enfant, laisse-moi, tu froisse
ma blancheur amidonnée

Le cavalier s'approchait
Battant le tambour des plaines
Dans la forge l'enfant
A les yeux fermés

Par l'oliveraie venaient,
Bronze et rêve, les gitans
Les têtes levées
Et les yeux mi-clos.

Comme chante la chouette
Ah ! comme elle chante dans l'arbre !
Par le ciel va la lune
Un enfant à la main.

Dans la forge, ils pleurent
Donnant des cris, les gitans
L'air la voile, la voile
L'air la voilant

par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Remerciements

Je remercie SaT pour m'avoir gentiment offert le dessin qui me sert d'avatar. Drôlement sympa, vous ne trouvez pas ? (c'est lui qui dessine La République des Fourmis ).

 

Je remercie aussi Padidu qui est en train de me fabriquer une bannière.  Et C_kissa qui m'as aidée pour mon fond.
(Voir mon Atelier... )

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