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Jeudi 26 juin 2008
Coeurs blasés

Leurs yeux se sont éteints dans la dernière Nuit ;
Ils ont voulu la vie, ils ont cherché le Rêve
Pour leurs coeurs blasphémants d'où l'espoir toujours fuit.
Ils n'ont jamais trouvé la vraie et bonne sève.

En vain ont-ils tué l'âme dans la débauche,
Il reste encore, effroi ! les tourments du Remords.
L'Ange blême se dresse et se place à leur gauche,
Leur déchire le coeur râlant jusqu'à la Mort.


Emile Nelligan
Premiers poèmes
par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Mercredi 25 juin 2008
En Arles

Dans Arles, où sont les Aliscans,
Quand l'ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,

Prends garde à la douceur des choses.
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton coeur trop lourd ;

Et que se taisent les colombes :
Parle tout bas, si c'est d'amour,
Au bord des tombes.


Paul-Jean Toulet
Chansons
par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Mardi 24 juin 2008
Et le spectre gris de l'ennui tomba sur moi.

J'avais gribouillé ça sur le vieux cahier que j'avais emmené en colonie de vacances il y a un quelques d'années maintenant. Déjà à l'époque le cahier était vieux, les pages semi-arrachées, pliées, tordues, couvertes de signes. Crayon de papier, stylos de toutes les couleurs, plumes, feutres, crayons, crayon de cire même, j'ai écrit dessus avec tout ce qui pouvait me tomber sous la main.
Titres, bouts d'histoires, vers isolés, sans poèmes, cherchant leur place. j'en ai cinq, des cahiers comme celui-là, garants de ma mémoire, je relis des accroches et les personnages reviennent, et je retrouve ces intrigues que j'avais soigneusement élaborées avant de les abandonner.
Et puis là, en travers d'une page, le spectre de l'ennui a resurgi.

Je déprime.
C'est le contrecoup des dernières semaines. Depuis le milieu de mai, je n'ai pas dormi normalement. Pas plus de six heures de sommeil par nuit, la majorité du temps quatre heures seulement, et parfois deux, une ou pas du tout.
Au bout d'un moment on ne sent même plus l'épuisement, le corps a pris le pli, c'est comme si le cerveau refusait de recevoir les messages de fatigue.
Et puis au milieu de tout ça une espèce d'euphorie, on se sent débordant d'énergie alors même qu'on se sait fatigué, une décharge d'adrénaline permanente.

Sauf que je suis en vacances (jusqu'à lundi), que je n'ai plus de pression, que du temps libre, que je dors quinze heures par nuit. Bien sûr que c'est nécessaire pour que mon corps récupère. J'ai toujours eu une forte tendance à somatiser, et que je ne sois pas encore tombée malade, pas eu d'entorse, rien, cela prouve à quel point ma volonté de tenir était forte.
Mais là je n'ai plus de volonté. Et au lieu de profiter de mon temps libre, à faire tout ce que j'ai repoussé faute de temps, je suis amorphe, comme si j'avais gaspillé en quelques semaines toute la volonté que j'étais capable de réunir, et que je m'étais mise en veille automatiquement le temps de recharger les batteries.

Ce n'est même pas de l'ennui, juste une lassitude tenace. Une incapacité à ressentir quelque chose d'un peu fort. Une douceur trompeuse et endormante. Une anesthésie des sens...

Alors il faut que je trouve le courage de quand on épuisé le courage, la force de revenir dans ses limites ordinaires lorsque l'on est allé tellement au delà de ses propres limites.

par Harmonie publié dans : Divers communauté : Les Cheminants
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Lundi 23 juin 2008

Exercice 42 pour la communauté écriture ludique.

A partir de la courte phrase "IL ETEINT LA LUMIERE (...) ET FERMA LA PORTE LENTEMENT (...)", il s'agit d'écrire un texte qui viendra s'insérer dans les ... (il y a donc deux parties à écrire), en incluant les 7 mots suivants (les verbes peuvent être conjugué, comme toujours) : fenêtre, vent, changer, rester, ramasser, corné, dehors.


Elle éteignit la lumière. La pièce obscure paraissait soudain étrangère, subtilement différente.

Il ferait beau ce soir, elle alla ouvrir la fenêtre, pour que le vent frais de la nuit rafraîchisse un peu la pièce étouffante de chaleur estivale.

Elle s'assit sur la vieille chaise de bureau à roulettes, trop basse, mais elle ne pensait jamais à la remettre correctement. Et puis, maintenant, elle avait pris l'habitude, elle se retrouvait presque penchée sur la table, le nez dans ses feuilles.

Elle ramassa son vieux stylo plume jaune, celui qu'elle avait tant manié qu'il semblait avoir appris seul à se glisser dans sa main, à réagir à ses pensées plutôt qu'à ses mouvements. Faute d'avoir apprivoisé son écriture, elle avait du moins apprivoisé son stylo.

Le bloc-note attendait sagement. Elle le soupçonnait d'être doté d'une volonté propre. D'être capable de se cacher les jours où il ne voulait pas être mis à contribution. Mais il était sage ce soir. Ce serait une bonne journée.

Elle l'ouvrit à la page cornée, en prenant soin de ne rien lire, puis vérifia sa réserve d'encre. Tout était prêt.

Les nuages s'écartèrent un instant dehors, éclairant la scène d'une aura lunaire.

Il y eut courant d'air. Elle se leva et ferma la porte lentement.

Puis elle alluma la veilleuse devant sa table, petite bulle de lumière qui l'isolait du monde. Elle relit alors, avec une sorte de timidité, le dernier paragraphe.

Il n'avait pas bougé lui, il était resté là, immobile, à attendre qu'elle vienne. Qu'elle change, qu'elle redevienne la voyante qui comprenait l'histoire, qu'elle trouve en elle le courage de l'écrire.

Les premiers mots coururent sur le papier, la plume crissait tandis que tout un monde se mettait à flotter devant ses yeux...

par Harmonie publié dans : Mes univers, mes écrits communauté : Ecriture Ludique
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Dimanche 22 juin 2008
Roses de juin, vous les plus belles,
Avec vos coeurs de soleil transpercés ;
Roses violentes et tranquilles, et telles
Qu'un vol léger d'oiseaux sur les branches posés ;
Roses de Juin et de Juillet, droites et neuves,
Bouches, baisers qui tout à coup s'émeuvent
Ou s'apaisent, au va-et-vient du vent,
Caresse d'ombre et d'or, sur le jardin mouvant ;
Roses d'ardeur muette et de volonté douce,
Roses de volupté en vos gaines de mousse,
Vous qui passez les jours du plein été
A vous aimer, dans la clarté ;
Roses vives, fraîches, magnifiques, toutes nos roses
Oh ! que pareils à vous nos multiples désirs,
Dans la chère fatigue ou le tremblant plaisir
S'entr'aiment, s'exaltent et se reposent !


Emile Verhaeren
Les Heures d'après-midi
par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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  • : J'ai toujours trouvé que l'autoportrait était un exercice difficile... Ah si, je me balade parfois sous le nom d'Etoile (Etoile = Harmonie).

Remerciements

Je remercie SaT pour m'avoir gentiment offert le dessin qui me sert d'avatar. Drôlement sympa, vous ne trouvez pas ? (c'est lui qui dessine La République des Fourmis ).

 

Je remercie aussi Padidu qui est en train de me fabriquer une bannière.  Et C_kissa qui m'as aidée pour mon fond.
(Voir mon Atelier... )

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