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Voyages...

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Mercredi 11 juin 2008

J'ai été taguée par Antiochus.

Prenez le livre que vous lisez en ce moment, allez à la page 123, cherchez la cinquième phrase et recopiez, in extenso, les quatres phrases suivantes, puis taguez cinq autres personnes.

Comme je fais partie des personnes lisant plusieurs livres en même temps, j'ai arbitrairement choisi le plus proche de moi physiquement pendant que je découvrais le tag, c'est-à-dire L'Oeil du Prophète de Khalil Gibran.

Voici :

"Car mon Chagrin était éloquent, et ma langue était le porte-voix de mon Chagrin.

Et quand nous chantions ensemble, nos voisins se mettaient à leurs fenêtres pour nous écouter. Car nos chants étaient profonds comme la mer et pleins de souvenirs étranges.

Et lorsque nous marchions côte à côte, les regards des passants étaient sourires et leurs commentaires tendresse."


Assez étrange, comme résultat...

Antiochus et Trazom ayant déjà tagué beaucoup de monde, je passe le flambeau à : Maître Fed, Doude, Celiandra, Loba et Gunga Din.

par Harmonie publié dans : Divers communauté : Les Cheminants
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Mercredi 11 juin 2008

épisode 1

épisode 2

Avant que le monde ne change, et que la magie ne le déserte pour gagner l'univers de l'imaginaire, la fière cité d'Ys se dressait au milieu de la mer... Et on chantait son nom jusqu'aux limites du monde connu.
Et elle devait durer mille ans, et mille années encore, et pourtant cela ne fut pas.
Ecoutez-moi, ô Voyageur, car voici comment la fière cité d'Ys trouva la ruine...

Ker Ys était la cité de la reine Dahut. On la disait pécheresse et cruelle, mais peut-être était-elle simplement la dernière reine celte devant l'intrusion du christianisme...

Quoi qu'il en soit, l'Etranger, l'Homme Rouge, d'aucun dirent le Diable lui-même, causa sa perte. Il vint un soir de tempête et l'hospitalité lui fut accordée.
Le vent soufflait avec rage, la mer tourbillonnait, et les vagues de plus en plus hautes venaient se fracasser sur les murs de la cité. Tous les éléments semblaient pris de fureur, et peut-être était-ce un avertissement...

Devant l'effroi de l'Etranger, Dahut rit et déclara :
"Ne crains rien, inconnu, ce n'est point la première tempête que nous connaissons, l'eau ne peut s'introduire dans la cité, nos murs sont trop hauts et nos portes trop solides.
- Mais si elles s'ouvraient malencontreusement ?
- Alors tu devrais en appeler à la clémence des éléments, car tu n'aurais guère de chance de t'en sortir ! Mais n'aie point d'inquiétude, il n'existe qu'une clef pour ouvrir les portes, et mon père la porte autour du cou.
- J'aurais cru que seule la maîtresse de la ville était digne d'avoir ce pouvoir, et non point qu'elle le délèguerait à un autre, fût-il son père et un roi." dit doucement l'Etranger...

Dahut ne dit rien. Déjà le poison du doute s'était introduit en âme.

Il y eut fête ce soir-là. Gradlon s'enivra et partit dormir. Dahut et l'Homme Rouge s'en furent dans la chambre de la princesse. Mais une fois que leur désir mutuel eût été comblé, alors que l'Etranger s'était endormi, Dahut songea à son père ivre, et à sa clef d'or...

Serez-vous surpris si je vous dis qu'elle gagna silencieusement la couche de son père, et que la précieuse clef changea de propriétaire ?

Et pendant ce temps-là, le vent et l'eau n'en pouvaient plus de colère, et les éclairs frappaient si souvent qu'on pouvait y voir comme en plein jour. C'était une nuit de destruction, une nuit où un monde prenait fin.

Nul ne sait qui ouvrit les portes de la Cité.
Non, nul ne le sait même si bien des rumeurs ont couru...
Pour certains, ce serait Dahut elle-même, ensorcelée par l'Etranger. Pour d'autres ce fut lui, l'Homme Rouge, qui vola la clef à sa toute nouvelle maîtresse et provoqua le malheur.
Ce qui est sûr, c'est que nul ne sut jamais qui était cet homme, ni à plus forte raison pourquoi il avait agi... car nul ne le revit jamais.

Et ce soir-là, ce soir de tempête où les éléments étaient en folie, l'eau entra dans la cité, dévasta les maisons, noyant les habitants, hommes, femmes, enfants...
Aucun n'en réchappa.

Dans les hautes tours du palais, Gradlon s'éveilla pour voir la cité s'engloutir. Il courut au seul être qui pouvait l'aider, Morvac'h, le cheval de mer, et l'enfourcha.
Sa fille Dahut parvint à s'accrocher à lui et à monter également sur le cheval.
Et ils fuirent ainsi la cité engloutie, celle qui avait été Ys, la plus belle ville du monde.

C'est alors que Guénolé survint. Il vit Gradlon, il vit Dahut.
" Gradlon ! Gradlon ! Ne comprends-tu pas ? C'est la volonté de Dieu si la cité maudite a été détruite ! Ils étaient païens et Dieu a frappé ! Même ton cheval ne peut te sauver, si tu ne renonces pas à toutes les anciennes coutumes, si tu ne rejettes pas le démon assis derrière toi !"
Ainsi parla Guénolé.

Les vagues roulaient, les cieux tonnaient et même Morvarc'h avait du mal à avancer. Alors Gradlon, la mort dans l'âme, poussa sa fille dans les flots.


Au matin, le soleil se leva sur la mer apaisée de la baie de Douarnenez. Plus rien n'indiquait qu'une cité s'était jadis trouvée là. Ses fières tours avaient été abattues.

Gradlon, qui était parvenu à gagner la terre ferme, ne se remit jamais vraiment du cataclysme. Il gagna Quimper, dont il fit sa nouvelle capitale, et renonça à jamais à la religion des celtes.
C'est depuis ce temps-là que la Bretagne s'est couverte d'un blanc manteau d'églises...

Et Dahut, me direz-vous ?
Et bien, elle était magicienne, et née de la mer. Elle devint une sirène, de celles qui sont appelées les mari morgan (mor gan : née de la mer), à l'apparence entièrement humaine.
Elle règne toujours sur Ker Ys, et y emmène les hommes trop rêveurs qui succombent à son chant...
Parfois, sur la lande, quand souffle le vent, on entend encore sonner les cloches de la cité engloutie.

C'était l'histoire de Ker Ys, ô Voyageur. Entende qui veut.

 

par Harmonie publié dans : Mes univers, mes écrits communauté : Les Cheminants
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Mardi 10 juin 2008

épisode 1

Gradlon retourna donc en Armorique, avec sa fille nouvellement née, Dahut.

- Ah bon, il ne s'appelait pas Gradlon de Cornouailles ?
- Si, mais il était roi d'Armorique, ce n'est peut-être pas rationnel, mais c'est ainsi. Ne m'interrompez pas, s'il-vous-plaît.


Dahut donc, fille de Gradlon et de Malgven, née en mer, ne put jamais cacher la fascination que l'immense océan exerçait sur elle. Elle était reine, une reine celte au plus fort de sa splendeur, une femme libre et fière, respectant les anciennes coutumes.
Mais son père Gradlon de Cornouailles (mai Roi d'Armorique) écoutait souvent un nouveau conseiller venu de l'intérieur des terres, un certain abbé Guénolé (devenu plus tard Saint Guénolé, mais il n'était pas encore canonisé à l'époque). Quand Gradlon se convertit à la nouvelle religion, le christianisme, Dahut sut que les choses allaient changer.
En effet Guénolé, ne pouvant supporter la conduite "celtique" de Dahut (notamment une grande liberté dans le choix de ses partenaires amoureux) convainquit le roi que la "pécheresse" devait quitter le royaume, sous peine de grands malheurs. Mais Gradlon ne pouvant se résodre à se séparer de sa fille, l'autorisa à rejoindre la Cité d'Ys, dans la baie de Douarnenez.

Nul ne sait à la vérité, si la cité d'Ys a été construite entourée par la mer, ou si, comme certaines traditions l'affirment, elle aurait été construite près de mille ans plus tôt sur la terre ferme et, les eaux ayant monté, aurait progressivement été entourée de digues protectrices.
Quoi qu'il en soit, quand Dahut la rejoint, on ne pouvait y accéder que par deux grandes portes qui formaient sas, et que l'on ouvrait avec une clef d'or, dont Gradlon était seul dépositaire.
Il ne s'en séparait jamais, la portant autour de son cou.

Ker Ys était alors la plus belle cité du monde connu. Située au carrefour de grandes routes maritimes, elle voyait passer les navires chargés de marchandises. Ses tours blanches et effilées se découpaient dans le ciel, on entendait depuis la berge chanter les invocations aux anciennes puissances...
Comme un défi - ou simplement une preuve de tolérance ? - on y construisit même une église. Et les cloches sonnaient sur la mer.

Peut-être que Dahut a fini par devenir folle, enfermée au milieu de toute cette beauté. Une cage dorée reste une cage. Ou peut-être qu'à force de s'entendre dire qu'elle était pécheresse, elle a voulu justifier une telle affirmation...
Ou peut-être encore ne s'agit-il que de calomnies, puisque ce sont les chrétiens, les convertis, qui ont lancé la rumeur.

Il fut dit que Dahut, reine de Ker Ys, passait chaque nuit avec un homme différent, qui était tué à l'aube.

Dahut, reine sanglante de la cité des eaux...

Un jour frappa à la porte de la cité un voyageur réclamant l'hospitalité.
Hospitalité qui lui fut bien évidemment accordée, non pas, comme vous pourriez être amené à le croire, à cause des "appétits" de Dahut, mais surtout parce que l'hospitalité est très importante pour les Celtes. Ils forment en effet un peuple extrêmement xénophile, ce qui est rapporté de nombreuses fois par des auteurs sérieux et notamment Caius Julius Caesar dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules. D'ailleurs à ce propos...

- Ce n'est pas vrai, elle ne va pas parler d'autre chose !
- Bon, bon, d'accord, je me concentre sur la suite...


Revenons-en à ce voyageur inconnu. Inconnu, il l'est pour nous, mais il l'était aussi pour Dahut et les siens, à qui il refusa de donner son nom. Simplement, comme il était entièrement vêtu de rouge, il est nommé "l'Homme Rouge" dans la plupart des versions de la légende, et ce sera également le cas ici.
Pour les chrétiens, il n'aurait été autre que Satan lui-même, ce qui peut rendre perplexe vu ses actions...
Car il causa la perte de Dahut et de la fière cité d'Ys...

 

épisode 3

par Harmonie publié dans : Mes univers, mes écrits communauté : Les Cheminants
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Lundi 9 juin 2008

J'ai écrit il y a quelques semaines une nouvelle version de la légende de Ker Ys. La voici :

Ecoutez-moi, ô Voyageur. Je vois votre regard se perdre au loin sur la mer. Une douce mélancolie envahit votre âme. Je le sais.
Voyageur, venez donc vous asseoir sur la lande, face au soleil couchant. Le vent souffle et siffle doucement, emmenant avec lui des murmures lointains que vous ne pouvez saisir. Un vieil arbre rabougri étend ses branches, traits sombres dans le ciel nocturne.
Je suis assise sur le rocher, au pied de l'arbre. Peu importe que vous ne me voyiez pas. Laissez votre regard suivre les vagues bleu nuit qui roulent au bas de la falaise.
Voyageur, écoutez-moi. Car je raconte l'histoire très véridique de la fière cité d'Ys et de sa reine Dahut...


Autrefois, dans les temps anciens, il y avait un Roi, du nom de Gradlon de Cornouaille. Il était un grand guerrier au bras infatigable et un excellent stratège. Il avait fait construire les meilleurs navires que la mer ait jamais portés et s'en servait pour aller faire la guerre aux peuplades les plus lointaines. Il revenait toujours de ses expéditions chargé d'or et de richesses. Et son peuple prospérait.

Lors d'une expédition dans le Nord - car les navires de Gradlon voguaient jusqu'à la lointaine Hyperborée - ses soldats, fatigués d'avoir combattu tout l'été, refusèrent d'assiéger le château où s'était réfugié le roi adverse.
Ils voulaient rentrer chez eux, revoir leurs familles dont ils étaient éloignés depuis de si longs mois. Le Roi Gradlon refusa de partir avant d'avoir vaincu. Alors il décida de rester dans le royaume du Nord, seul, et de laisser son peuple rentrer chez lui.
Abandonné dans un pays inconnu, Gradlon sentit peser sur ses épaules le poids de la solitude.
Quand, un soir une femme sortit de l'obscurité.
Elle était rousse, d'une beauté magique, trop parfaite pour sembler réelle.
Alors qu'il restait tétanisé par cette sublime apparition, la femme parla et dit :

"Ô grand Gradlon, je suis Malgven, Reine du Nord. Je t'ai observé grand roi, et tu es courageux et habile au combat. Mon époux, lui, ne combat plus depuis si longtemps que son épée est rouillée, il s'abrutit de vin toute la journée et de plus m'est infidèle. Gradlon, je te donnerai les moyens d'entrer dans la forteresse, si tu tues mon époux qui ne mérite plus de régner."
"Belle Malgven, puisque ton époux a trahi et ses devoirs de roi, et ses devoirs de mari, mon épée t'appartient et je vengerai l'offense."

Il en fut ainsi, et Gradlon guidé par Malgven prit la vie du vieux roi nordique, tellement ivrogne qu'il ne s'était pas aperçu qu'il avait été assiégé...
Alors Malgven appela Morvac'h, le cheval de mer. Celui-ci courait si vite que ses sabots n'avaient pas le temps de s'enfoncer dans l'eau. Et c'est ainsi que Malgven et Gradlon quittèrent le royaume du Nord pour rejoindre les navires partis devant.

Le voyage fut long, très long... Si long que Malgven mit au monde une fille (surtout ne me demandez pas comment on fait pour accoucher sur un cheval). Fille qui fut appelée Dahut - dago soitis, "bonne magie" -, orthographié parfois Dahud, mais que certains nomment aussi Ahès.

Il fut dit beaucoup de choses sur la disparition de Malgven. Pour certains, elle mourut pendant l'accouchement. Pour d'autres, et j'ai tendance à les croire, elle n'était pas véritablement humaine, et le temps était venu pour elle de regagner l'Autremonde, quittant le monde des mortels...

 

épisode 2

épisode 3

par Harmonie publié dans : Mes univers, mes écrits communauté : Les Cheminants
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Dimanche 8 juin 2008

Ou mon desir m'assouvira,
Ou ma tristesse m'occira
Pour vous, belle, prouchainement,
Se mon cueur quiert l'alegement
Du mal que pour vous servir a.

Ung de ces deux me suffira,
N'espoir plus ne me mentira,
Si j'ay de parler hardement,
Ou mon desir m'assouvira.

Tout bien ou tout mal m'en ira,
Car quant vostre bouche dira
Oy ou nenny, tout seulement,
Elle asserra le jugement
Dont mon dueil o moy finera
Ou mon desir m'assouvira.


Alain Chartier

J'aime les poèmes en vieux français, je crois qu'il est encore compréhensible, sinon, dites-le, je le moderniserai en dessous.

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