On ne parle pas assez du pouvoir érotique des livres.
I
Un livre fermé est comme une promesse d'un assouvissement futur. Alignés le long des étagères, présentant leurs tranches, abîmées ou neuves, dorées ou en papier recyclé, toujours fiers. Car peu
importe l'apparence, nous savons tous les deux, le livre et moi, qu'elle ne compte guère.
Déjà une proximité entre nous, une complicité.
La main effleure la tranche offerte. Pure et lente première caresse. La tête se tourne pour déchiffrer les étranges signes, posés là comme une invite.
Une invite un peu moqueuse, une manière détournée de dire : ne te tords pas le cou, lecteur potentiel, ose, ose me prendre entre tes mains.
L'index se recourbe, hésite.
Et si j'étais déçue ?
Et le livre enjôleur : tu ne pourras pas le savoir tant que tu n'auras pas lu... et si j'étais le livre ? Tu sais bien, le livre. Celui qui va changer toute ta vie...
Le titre accroche le regard, la main se referme sur la tranche, il y a un trou dans l'alignement des livres sur l'étagère.
Le livre est dans la main.
II
Je préfère les livres expérimentés.
Ceux qui ont été lus et relus, qui se sont courbés, pliés sous l'étreinte humaine. Ceux qui viennent se nicher au creux de votre main avec la force et l'autorité tranquille de l'habitude. Ceux
qui semblent vous dire : d'autres doigts que les tiens ont corné mes pages, d'autres yeux que les tiens se sont posés sur moi avec ce même regard si pur et transparent, presque douloureux à force
de désir contenu. J'ai été aimé.
M'aimeras-tu ?
J'aime aussi les vieux livres. Ceux dont on doit découper les pages pour découvrir l'histoire. Un rapport presque charnel, le crissement du coupe-papier sur les pages jaunies. Et chaque nouvelle
page tournée, non lue encore, ne pas jeter de regard aux graphèmes de la page, juste tourner les pages, préparer, rendre possible, rendre plausible, inévitable, une future lecture.
Et finalement refermer ce livre après en avoir caressé toutes les pages, ne pas l'avoir lu, et pourtant l'aimer déjà.
Il est tellement facile de les aimer.
Ivresse livresque, II
Ivresse livresque, III
La grand'mère
Voici trois ans qu'est morte ma grand'mère,
La bonne femme, - et, quand on l'enterra,
Parents, amis, tout le monde pleura
D'une douleur bien vraie et bien amère.
Moi seul j'errais dans la maison, surpris
Plus que chagrin ; et, comme j'étais proche
De son cercueil, - quelqu'un me fit reproche
De voir cela sans larmes et sans cris.
Douleur bruyante est bien vite passée :
Depuis trois ans, d'autres émotions,
Des biens, des maux, - des révolutions, -
Ont dans les murs sa mémoire effacée.
Moi seul j'y songe, et la pleure souvent ;
Depuis trois ans, par le temps prenant force,
Ainsi qu'un nom gravé dans une écorce,
Son souvenir se creuse plus avant !
Gérard de Nerval,
Les Odelettes
Sonnet pour un être cher
Il y a les silences qu’il ne faut pas briser
Les phrases que personne n’ose prononcer
Les pleurs et les larmes qui ne peuvent s’exprimer
Et les regrets tenaces de choses inavouées
Il y a le temps qui semblait s’être arrêté
Et cet instant qu’il a fini par dépasser
Les sourires crispés de tous ces gens gênés
Jusqu’au soleil dont la lumière est endeuillée
Il y a la tristesse de ce beau jour d’été
Et la mélancolie de ce mois de juillet
Parce que tu dors d’un sommeil d’éternité
Car, comme une bougie que quelqu’un a soufflée
Ton âme a cessé de luire et tu as laissé
Dans nos cœurs ce manque que rien ne peut combler.
Harmonie
30 juin, 1 juillet 2003
De temps en temps je pense à ceux qui sont partis, et qui pourtant sont toujours là, quelque part dans mon coeur...
Je vous ai présenté ma famille. Maintenant il faut que vous sachiez qu'il a un concours sur le blog de Suffolk pour élire Miss Denfer.
Et une des épreuves consistait à écrire une ode à la gloire de Piotr Goradd, mon frère aîné donc (vous suivez ?).
Ode à Piotr Goradd
Mon cher Frère inconnu,
Que la Gloire soit tienne,
Je ne t'ai jamais vu,
C'est une douleur ancienne,
Mais je sais en mon âme
Sombre et mélancolique
Que tu as le noir charme
Des êtres maléfiques.
Que ton nom soit connu !
Qu'il résonne sur Terre !
Qu'il crée la répulsion
Et génère un enfer
Dans le coeur des humains
Fragiles et effrayés
Si frêles ; comme des pantins
Dont les fils sont coupés
Ris, Piotr, réjouis-toi !
Tu fais naître la crainte
La terreur et l'effroi
Oh ! tu peux rire des plaintes
De tes pauvres victimes,
Dont le sang se mélange
Se mêle et s'abîme
- En une fusion étrange -
Dans tes artères vides.
Prenez garde au Vampire !
Craignez donc l'homicide !
Ne bravez pas son ire...
Oh ténébreux Seigneur
Qui marche dans les Ombres
Toi l'oiseau de malheur
Qui se pose sur les tombes
Qui tutoie Lucifer
Et Satan et Lilith
Qui rêve de Chimères
Quand vient l'heure maudite,
Cette ode t'es dédiée
Comme hommage funèbre
Quand tu seras tué
Et joindras les ténèbres...
Voilà mon ode au vampire qui me sert de grand frère...
par Harmonie
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délires...
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Voici les statistiques du mois de mai :
Pages vues depuis la création de ce blog : 61 399
Visiteurs uniques depuis la création de ce blog : 16 077
Journée record : 17 avril 2008 (1 272 pages vues)
Mois record : mai 2008
Pages vues ce mois : 15 300
Visiteurs uniques ce mois : 3 890
Blog Rank compris entre 71 et 82
Les 30 articles les plus lus ce mois, avec le nombre de visiteurs :
Garcia Lorca, Romance de la luna, luna :134
Hugo, vieille chanson du jeune temps : 116
Baudelaire,
Harmonie du Soir : 88
Nerval,
Une allée du Luxembourg : 79
Tout est
Pur pour qui est Pur : 75
Des
nouvelles de Petit Acacia : 70
Guillaume :
68
Hugo, les
Djinns : 66
Géométrie, la
base : 65
Eluard,
Liberté : 65
Citations de
Saint-Exupéry : 61
Citations sur
la tolérance : 61
Blog en
pointillé... : 58
Comment
tracer une mandorle : 55
Création du monde selon les Sumériens : 53
Avortement :
52
Marbeuf,
et la mer et l'amour : 52
Le chaos
d'Huelgoat : 51
Géométrie...
: 49
Nerval,
Fantaisie : 48
Rimbaud,
Voyelles : 48
Eau : 48
Extrait du "Pendule de
Foucault" d'Umberto Eco : 45
Verlaine,
Chanson d'automne : 45
Un peu de
tout... : 43
Création du monde chez les Celtes, : 43
De
l'avantage du homard sur le chien : 40
Notre-Dame de
Paris, IV : 40
Hugo, Chanson
: 39
22 mai... :
39
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