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Mardi 8 juillet 2008
Aujourd'hui, 8 juillet 2008, une fuite a été détectée sur le site de la SOCATRI lors d'une opération de nettoyage d'une cuve.
D'après le communiqué de presse des préfectures du Vaucluse et de la Drôme, 30 m3 d'effluents radioactifs ont été déversés sur le sol et dans le canal adjacent.
Les effluents contenaient 12 gramme d'uranium par litre.

Comme vous pouvez le constater, les mesures sont données en unité de masse et non en unité de mesure de la radioactivité (becquerel).
Cela ne permet pas d'estimer la gravité de la fuite.

Faisons un petit calcul :
L'uranium 235 est le seul radioactif (si on excepte les isotopes artificiels 232 et 236). A l'état naturel, le rapport est de 0,7% d'uranium radioactif par rapport à l'uranium stable. L'acitivité massique correspondant à 12 grammes par litre est de 307 000 Bq/L. Soit pour un rejet de 30 mètre cube plus de 9 000 000 Bq ! Et cela en prenant le rapport isotopique naturel, alors que la SOCATRI utilise des uraniums dont le rapport isiotopique peut aller jusqu'à 5% .

Pour avoir un élément de comparaison, la limite d'activité volumique des isotopes de l'uranium dans les effluents après traitement (arrêté du 16 août 2005) est de 50 Bq/L.
Selon la base d'un rapport isotopique naturel, les rejets dus à cette fuite DEPASSERAIENT DONC DE PLUS DE 6000 FOIS LA LIMITE REGLEMENTAIRE ! Et pourtant, la limite fixée par la loi est loin d'être restrictive...

A Tricastin, les rejets sont uniquement autorisés dans le canal de Donzère-Mondragon, à raison de 71,7 MBq en isotopes de l'uranium au maximum par an. Cette fuite accidentelle a donc dépassé de PLUS DE 100 FOIS la limite annuelle.
Les rejets n'ont pas été faits uniquement dans le canal de Donzère-Mondragon, mais aussi dans le canal attenant à la Gaffière (qui n'a pas un débit d'eau suffisant pour assurer la sécurité) et une partie sur la terre.


POUR UN MONDE SANS NUCLEAIRE, RENDEZ-VOUS A LA MANIFESTATION EUROPEENNE ORGANISEE SAMEDI PROCHAIN (12 juillet) notament à Paris.

J'ajouterai les informations à cet article à mesure que je les aurai.
par Harmonie publié dans : Politique citoyenne communauté : Les Cheminants
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Lundi 7 juillet 2008
Prière du soir

Dans l'épais des ombres funèbres,
Parmi l'obscure nuit, image de la mort,
Astre de nos esprits, sois l'étoile du Nord,
Flambeau de nos ténèbres.

Délivre-nous des vains mensonges
Et des illusions des faibles en la foi :
Que le corps dorme en paix, que l'esprit veille à toi,
Pour ne veiller à songes.

Le corps repose en patience,
Dorme la froide crainte et le pressant ennui :
Si l'oeil est clos en paix, soit clos ainsi que lui
L'oeil de la conscience.

Ne souffre pas en nos poitrines
Les sursauts des méchants sommeillants en frayeur,
Qui sont couverts de plomb, et se courbent en peur
Sur un chevet d'épines.

ceux qui chantent tes louanges
Ton visage est leur ciel, leur chevet ton giron,
Abrités de tes mains, les rideaux d'environ
Sont le camp de tes anges.


Théodore Agrippa d'Aubigné
L'Hiver
par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Dimanche 6 juillet 2008
Romance del enamorado y la muerte

Un sueño soñaba anoche,
Soñaba con mis amores
Que en mis brazos los tenia.

Vi entrar señora tan blanca
Muy mas que la nieve fria.
- Por donde has entrado, amor?
Como has entrado mi vida?
Las puertas estan cerradas,
Ventanas y celosias.

- No soy el amor, amante:
La Muerte que dios te envia.
- Ay Muerte tan rigurosa
Deja me vivir un dia!
-Un dia non puede ser
Una hora tienes de vida.

Muy de prisa se calzaba
Mas de prisa se vestia;
Ya se va para la calle,
en donde su amor vivia.
- Abreme la puerta, Blanca,
Abreme la puerta, niña!

- Como te podre yo abrir?
Si la ocasion no es venida?
Mi padre no fue al palacio
Mi madre non esta dormida.

- Si no me abres esta noche
Ya no me abriras querida;
La muerte me esta buscando
Junto a ti la vida seria.

- Vete bajo a la ventana
Donde labraba y cosia
Te echare cordon de seda
Para que subas arriba
Y si el cordo no alcanzare,
Mis trenzas añadiria.

La fina seda se rompe
La Muerte que alli venia:
Vamos el enamorado,
Que la hor ya es cumplida.


Juan del Encina
Chanson du XVIème siècle

Je n'arrive pas à mettre les accents, je suis désolée, mais voilà ma traduction personnelle (conserve le sens, mais pas la beauté poétique) :

Romance de l'amoureux et de la mort

Je rêvais un rêve au milieu de la nuit
Je rêvais de mes amours
Que je les tenais dans mes bras

J'ai vu entrer une dame blanche
Bien plus que la froide neige,
- Par où es-tu entrée amour ?
Comment es-tu entrée ma vie ?
Les portes sont fermées
les fenêtres et les jalousies aussi.

- Je ne suis pas l'amour, amant,
Je suis la mort que Dieu t'envoie
- Ah mort si rigoureuse
Laisse moi vivre un jour !
- Un jour cela ne se peut
Tu as une heure de vie

Avec beaucoup d'empressement il se chaussa
Avec plus d'empressement il s'habilla
Et se précipita dans la rue
Où son amour vivait
- Ouvre-moi la porte, Blanche,
Ouvre-moi la porte, petite !

- Comment pourrais-je t'ouvrir,
Si le moment n'est pas venu ?
Mon père n'est pas encore au palais
Ma mère n'est pas encore endormie

- Si tu ne m'ouvres pas la porte cette nuit
Tu ne m'ouvriras plus jamais, chérie
La mort est en train de me chercher
Avec toi la vie serait

- Viens sous la fenêtre
Où je travaille et où je couds
Je te jetterai un fil de soie
Pour que tu montes jusqu'ici
Et si la corde ne suffit pas
J'y ajouterai mes tresses

La fine soie se rompt
La Mort vint jusque là
Partons l'amoureux
L'heure est terminée
par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Samedi 5 juillet 2008
Christine

Une étoile d'or là-bas illumine
Le bleu de la nuit, derrière les monts.
La lune blanchit la verte colline :
- Pourquoi pleures-tu, petite Christine ?
Il est tard, dormons.

- Mon fiancé dort sous la noire terre,
Dans la froide tombe il rêve de nous.
Laissez-moi pleurer, ma peine est amère
Laissez-moi gémir et veiller, ma mère :
Les pleurs me sont doux.

La mère repose, et Christine pleure,
Immobile auprès de l'âtre noirci.
Au long tintement de la douzième heure,
Un doigt léger frappe à l'humble demeure :
- Qui donc vient ici ?

- Tire le verrou, Christine, ouvre vite :
C'est ton jeune ami, c'est ton fiancé.
Un suaire étroit à peine m'abrite ;
J'ai quitté pour toi, ma chère petite,
Mon tombeau glacé.

Et coeur contre coeur tous deux ils s'unissent.
Chaque baiser dure une éternité :
Les baisers d'amour jamais ne finissent.
Ils causent longtemps, mais les heures glissent,
Le coq a chanté.

Le coq a chanté, voici l'aube claire
L'étoile s'éteint, le ciel est d'argent.
- Adieu, mon amour, souviens-toi, ma chère !
Les morts vont rentrer dans la noire terre,
Jusqu'au jugement.

- Ô mon fiancé, souffres-tu, dit-elle,
Quand le vent d'hiver gémit dans les bois,
Quand la froide pluie aux tombeaux ruisselle ?
Pauvre ami, couché dans l'ombre éternelle,
Entends-tu ma voix ?

- Au rire joyeux de ta lèvre rose,
Mieux qu'au soleil d'or le pré rougissant,
Mon cercueil s'emplit de feuilles de rose ;
Mais tes pleurs amers dans ma tombe close
Font pleuvoir du sang.

Ne pleure jamais ! Ici-bas tout cesse,
Mais le vrai bonheur nous attend au ciel.
Si tu m'as aimé, garde ma promesse :
Dieu nous rendra tout, amour et jeunesse,
Au jour éternel.

- Non ! je t'ai donné ma foi virginale ;
Pour me suivre aussi, ne mourrais-tu pas ?
Non ! je veux dormir ma nuit nuptiale,
Blanche, à tes côtés, sous la lune pâle,
Morte entre tes bras !

Lui ne répond rien. Il marche et la guide.
À l'horizon bleu le soleil paraît.
Ils hâtent alors leur course rapide,
Et vont, traversant sur la mousse humide
La longue forêt.

Voici les pins noirs du vieux cimetière.
- Adieu, quitte-moi, reprends ton chemin ;
Mon unique amour, entends ma prière !
Mais elle au tombeau descend la première,
Et lui tend la main.

Et, depuis ce jour, sous la croix de cuivre,
Dans la même tombe ils dorment tous deux.
Ô sommeil divin dont le charme enivre !
Ils aiment toujours. Heureux qui peut vivre
Et mourir comme eux !


Charles-Marie Leconte de Lisle
Poèmes barbares
par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Vendredi 4 juillet 2008

Exercice 28 de la communauté écriture ludique. Je voulais faire un texte en deux parties, mais je me suis aperçue que c'était vraiment très long. C'est donc un texte avec les mots de la première liste. Tous les mots de cette liste ont été utilisés.

                                          ***

Je ne sais pas ce qui m’a pris. J’ai peut-être simplement cherché à échapper à la folie.
Mais sans doute faut-il être déjà fou pour croire que se noyer dans les profondeurs de son propre esprit est une bonne idée.

J’avais erré pendant des heures. Sans savoir où j’allais, sans aller quelque part peut-être. Non, c’est sûr : je n’allais nulle part. Marcher, encore et encore, un pied après l’autre, jusqu’à ce que tout mon corps crie d’épuisement, que mes muscles soient sur le point d’exploser, et que je menace de m’effondrer à chaque pas.
Parce que tant que je marchais les choses ne se délitaient pas, c’était comme si je maintenais le monde en ordre. Il existait pour que je marche, et il perdurerait tant que je marcherais. Cela semblait logique. Toute chose se doit d’avoir une raison d’être.

J’avais conscience que cela ne durerait pas. Qu’il faudrait que je m’arrête. Et l’angoisse montait de ce qui se passerait quand cela adviendrait. Une angoisse sourde qui naissait au creux de mon ventre et s’étendait en vrilles le long de mon dos. Une angoisse eschatologique qui agissait sur moi comme un poison. Je frissonnais devant ce désastre annoncé.
Alors j’essayais de repousser les démons grimaçants, de les refouler tout au fond de moi, dans ce magma boueux et sombre dans lequel je n’osais pas regarder. Les enfermer vivants, les emmurer, clore la porte et jeter la clef.
Et continuer à avancer pour ce sauver ce monde.

A mesure que la fatigue montait, la réalité semblait s’éloigner encore davantage. L’univers pâlissait sous mes yeux, et il n’était rien que je puisse faire pour l’en empêcher. Une impuissance tragique qui me hantait.
La sensation de brûlure s’intensifia dans ma pauvre tête, j’avais l’impression d’être en feu.

J’ai fini par tomber bien sûr.

J’ai glissé sur une flaque d’eau, et mes jambes ont lâché. Les traîtresses. Maudites soient-elles.
Les larmes sont venues d’elles-mêmes. Elles ont baigné mon visage, les sanglots m’ont déchiré la poitrine. J’ai senti mon âme se déchiqueter, emportée par morceaux. Les démons devaient être sortis de leur cage.

J’ai tenté de me recroqueviller. Peut-être que si je prends le moins de place possible, que si je me colle au sol, je finirai par ne plus faire qu’un avec la terre, comme un appendice grotesque et pleurant.
Espoir pathétique. Que tu es donc stupide, souffla la voix méprisante.
Mais après tout, l’espérance est la dernière malédiction sortie de la boîte de Pandore.

J’ai soudain eu une vision de cette boîte ouverte comme un cercueil, et j'ai tremblé.

Brusquement, un type s’est penché sur moi. Vous allez bien ? Vous voulez que je vous aide à vous relever ?
J’ai dû lui jeter un regard injecté de sang. Il a reculé.
Partez. Partez sombre idiot, vous qui ignorez encore que vous êtes un damné comme moi ! J’ai hurlé comme une bête féroce.
Ne comprend-t-il pas que c’est moi qui tourne depuis que la Terre a cessé de tourner ? Maudite soit sa compassion, son empathie. J’ai tenté de le rouer de coups. Laissez-moi ! Dégagez ! Dégagez ou je mords !

Une douleur aiguë dans mon crâne. Je gémis. Je ne sais pas combien de temps a duré ma prostration. Quand je levai enfin la tête, il était parti.

Je voulais le rappeler, m’excuser, mais les sons ont refusé de franchir la barrière de mes lèvres. Les mains sur le mur, je parvins à me relever.
Je n’avais donc pas besoin de sa main tendue comme une offrande ! Pas besoin de sa pitié.
J’éprouvais une sorte de fierté sauvage à penser cela.

C’est à ce moment-là que j’ai vu le chat.
C’est un animal psychopompe, je le sais, et la terreur envahissante que j’ai ressentie n’avait rien d’humain.

Et toi, quelle est ta raison d’être ?

La question a résonné comme une condamnation. J’ai trouvé la force de courir encore, moi qui m’en croyais incapable. Je veux échapper aux prunelles fendues et inquisitrices du chat.
J’ai peur.

Je refuse le sacrifice, mais tant que son regard vert me poursuivra, je ne serai pas en paix.

Je veux fuir, partir, tout quitter. Etendre mes ailes et m’envoler vers ailleurs. Mais où ?

Là, entre mes yeux, une lumière éclatante.

Je tends la main, je l’atteindrai. Je le sais. Encore un petit effort…

Puis le monde fut oblitéré et tout devint noir.

par Harmonie publié dans : Mes univers, mes écrits communauté : Ecriture Ludique
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Je remercie aussi Padidu qui est en train de me fabriquer une bannière.  Et C_kissa qui m'as aidée pour mon fond.
(Voir mon Atelier... )

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