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Samedi 31 mai 2008

J'aurais tenté de vous épargner cela le plus longtemps possible. Mais je ne puis me taire plus longtemps, je vais devoir vous parler de ma famille obienne.

La famille Denfer a possédé de tout temps semble-t-il, le château Denfer. Lointains cousins de la famillle Addams, avec lesquels ils entretiennent toujours des relations amicales, la famille a pris récemment possession d'Over-Blog...

Tentons à présent de réaliser l'arbre généalogique (compliqué) de la famille.

Tout d'abord, l'Aïeul vénéré (oui, enfin bon, relativement vénéré) de la Famille : Julien
Julien donc, a eu trois enfants.

L'aîné, Lord Piotr Goradd, est un vampire, complètement fou (en quoi il est un parfait représentant de la famille), et qui a tendance à faire craquer les femmes et a laisser des traces de son passage (on ne peut pas légalement appeler ça des enfants). Mais j'y reviendrai.

La cadette s'appelle Aga. Ayant vécu une enfance légèrement traumatique, elle est sujette au dédoublement de personnalité : Aga 2 (pigeuse de questions), Aga 3 (zyx), Aga 4 (Indéfini), Aga 5 (Un instant), Aga 6 (pfuiiitt), Aga 7 (Une goutte d'eau), Aga 8 (Bla bla bla), Aga 9 (Léa)
Je crois que je les ais tous...
Quoi qu'il en soit cette charmante jeune femme en veut beaucoup à son père, et est devenue une experte en poison, ce qui vous laisse deviner l'ambiance des repas de famille.
Elle se serait mariée avec un certain Dylexsique, ou serait en instance de divorce, je ne suis pas sûre d'avoir tout saisi. Quoi qu'il en soit, son époux fait son possible pour ne pas croiser sa belle-famille...

La benjamine, c'est moi, Harmonie. J'ai été élevée loin du château Denfer, ce qui explique que je sois moins sévèrement atteinte que les autres...

Revenons-en à la progéniture de Piotr Goradd.
D'un premier mariage sont nées les jumelles Chen Jie (qui s'appelle parfois Kaly Nigellus) et Cali (Leb).
D'un second mariage est née Sandy, qui ne se sépare jamais de sa chienne Vira.
D'une étreinte fugitive est enfin née Lunalithe.
Pour gérer ces enfants infernaux, une momie nommée Zazou a été embauchée.

Enfin, Lord Piotr s'est récement remarié avec une personne douce et gentille (qui déteint un peu de la famille) la blonde princesse Poteet. Heureusement qu'elle s'appelle parfois Suffolk...

par Harmonie publié dans : délires... communauté : La famille Denfer
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Vendredi 30 mai 2008

Roses du soir

Des roses sur la mer, des roses dans le soir,
Et toi qui viens de loin, les mains lourdes de roses !
J'aspire ta beauté. Le couchant fait pleuvoir
Ses fines cendres d'or et ses poussières roses...

Des roses sur la mer, des roses dans le soir.

Un songe évocateur tient mes paupières closes.
J'attends, ne sachant trop ce que j'attends en vain,
Devant la mer pareille aux boucliers d'airain,
Et te voici venue en m'apportant des roses...

Ô roses dans le ciel et le soir ! Ô mes roses !


Renée Vivien
Evocations

Un autre poème de cette poëtesse.

par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Jeudi 29 mai 2008

Chanson pour mon ombre

Droite et longue comme un cyprès,
Mon ombre suit, à pas de louve,
Mes pas que l'aube désapprouve.
Mon ombre marche à pas de louve,
Droite et longue comme un cyprès.

Elle me suit, comme un reproche,
Dans la lumière du matin.
Je vois en elle mon destin
Qui se resserre et se rapproche.
A travers champs, par les matins,
Mon ombre suit, comme un reproche.

Mon ombre suit, comme un remords,
La trace de mes pas sur l'herbe
Lorsque je vais, portant ma gerbe,
Vers l'allée où gîtent les morts.
Mon ombre suit mes pas sur l'herbe,
Implacable comme un remords.


Renée Vivien
La Vénus des Aveugles

J'aime beaucoup le travail de cette poétesse sur les répétitions et les reprises.

par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Mercredi 28 mai 2008

Exercice 41 de la communauté écriture ludique : écriture sur image


Nous étions partis dans la nuit.

Père était venu me réveiller, il m'avait dit : "viens, il est temps" et docile, je m'étais levé et j'avais pris mon sac.
Il y avait si longtemps que nous nous préparions à l'exode, que je n'ai même pas senti mon coeur battre à ce moment-là.
J'en avais trop rêvé, j'avais trop repassé dans ma tête les mouvements, la main qui se penche avec naturel sur la poignée, le balancement de l'épaule pour que le sac se place dans mon dos. Et finalement, rien, c'était arrivé au milieu de la nuit, et c'est ensommeillé, l'esprit vide, que j'avais accompli ces gestes.
Mes pieds s'étaient glissés presque naturellement dans les sandales, et moins de deux minutes après que mon père m'eut tiré de mon assoupissement, nous avions quitté la maison.

Je n'ai pas jeté un seul regard en arrière.

A la vérité, j'étais encore trop peu éveillé pour prendre cette initiative. Assis à côté de Grand-Mère, je somnolais, profitant de sa chaleur humaine.
Mais j'aime à croire que si cela s'était produit en plein jour, si j'avais disposé de toutes mes facultés, je ne me serais pas retourné malgré tout.
Je n'aurais pas manifesté la moindre nostalgie pour cette maison dans laquelle, pourtant, j'avais passé toute mon enfance, qui avait résonné de mes rires et de mes larmes.
L'Heure était venue, et désormais, mes souvenirs n'étaient que des souvenirs.

J'ai essayé de rester conscient, mais le sommeil est fort attrayant pour les jeunes êtres, et la veille - ce pouvait-il que la veille encore notre vie ait pu être banale ? - je m'étais dépensé sans compter.
Je me suis éveillé quelque temps plus tard, alors que nous avions pratiquement traversé toute la ville.

La nuit était claire, et la lune nouvelle. Les étoiles formaient un chemin brillant dans le ciel, et j'ai entendu Grand-Mère souffler, telle une promesse, "Bientôt"...

Les rues étaient silencieuses, mais nous n'étions pas seuls.
La plupart des maisons avaient les portes grandes ouvertes, et les volets fermés. Parfois, la clef était encore dans la serrure, preuve - s'il en était besoin - que les habitants étaient partis précipitement.
Les rues s'emplissaient peu à peu, un jeune homme marchait le long du trottoir, portant encore un chapeau pointu d'anniversaire sur la tête, mais le sac dans le dos. Il avait dû être saisi au milieu d'une fête, mais il souriait, sans regret aucun pour ce qu'il laissait derrière lui.

Mais tous ne partaient pas. Certains restaient sur le pas de la porte, regardant, avec un bizarre mélange de crainte et d'envie, la foule sur le chemin de l'exode. Et d'autres ne comprenaient simplement pas ce qui me poussait, ce qui nous poussait tous ainsi, et ils nous fixaient, avec un ahurissement mêlé d'un vague mépris.
Et beaucoup dormaient, à l'abri derrière leurs persiennes closes, et demain tout aurait changé à jamais et eux l'ignoraient puisqu'ils dormaient.

Et peu à peu je m'exaltais, mon esprit bouillonait, je me sentais vibrer, en phase avec les autres, tendu comme les autres. Une étrange excitation s'emparait de nous tous, et nous, qui étions naguère des inconnus les uns pour les autres, nous avions l'impression de n'être plus qu'une seule famille, des amis intimes sur le même chemin.

Je ne sais pas qui a allumé le premier flambeau.

La lumière a d'un coup brillé, éclatante, de chaque côté de la route, chaque torche s'enflammant à notre arrivée, et nous laissions derrière nous comme un long ruban lumineux, Aryant Ol, le Chemin Radieux, qui accompagne ceux qui passent dans l'Autremonde...

Et j'ai pensé - fugitivement - que sans doute ceux qui dormaient ce soir trouveraient demain les lumières éteintes et les flambeaux consumés, et ne comprendraient pas, alors que tout était si clair. Et j'ai eu pitié d'eux.

Nous avons quitté la ville, progressé dans la campagne, et d'un coup mon ventre s'est serré, je me suis redressé brusquement, Grand-Mère m'a souri et Père s'est retourné pour dire : "Fils, tu as senti ? nous approchons..." et son visage semblait comme illuminé de l'intérieur tant ses yeux brillaient.
Ma main s'est refermée,  très fort, sur celle de Grand-Mère, et d'un coup je suis devenu impatient.

Mes yeux ont fouillé le paysage cherchant à le graver dans ma mémoire. Les arbres, le fossé, la route goudronnée, un virage. Un virage tout ce qu'il y a de plus banal, un virage que j'avais peut-être déjà pris, qui sait ? un virage qui aujourd'hui pourtant était différent c'était le passage, et la nuit partait, l'aube approchait, c'était l'Heure Bleue, le temps était venu.

C'est ainsi que, comme tant d'autres, je suis parti.

par Harmonie publié dans : Mes univers, mes écrits communauté : Ecriture Ludique
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Mardi 27 mai 2008

Luth, compagnon de ma calamité,
De mes soupirs témoin irréprochable,
De mes ennuis contrôleur véritable,
Tu as souvent avec moi lamenté ;

Et tant le pleur piteux t'a molesté
Que, commençant quelque son délectable,
Tu le rendais tout soudain lamentable,
Feignant le ton que plein avais chanté.

Et si tu veux efforcer au contraire,
Tu te détends et si me contrains taire :
Mais me voyant tendrement soupirer,

Donnant faveur à ma tant triste plainte,
En mes ennuis me plaire suis contrainte
Et d'un doux mal douce fin espérer.


Louise Labé
Sonnets

par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Je remercie SaT pour m'avoir gentiment offert le dessin qui me sert d'avatar. Drôlement sympa, vous ne trouvez pas ? (c'est lui qui dessine La République des Fourmis ).

 

Je remercie aussi Padidu qui est en train de me fabriquer une bannière.  Et C_kissa qui m'as aidée pour mon fond.
(Voir mon Atelier... )

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