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Vendredi 30 novembre 2007

J'aime l'oeuvre de Gérard de Nerval (de son vrai nom Gérard Labrunie). J'ai beaucoup lu, et nombreux sont les auteurs à m'avoir touchée, mais aucun ne m'a atteinte aussi profondément que lui. Je suppose donc qu'il est ce que je pourrai appeler "mon auteur préféré".
C'est pourquoi j'ai retranscrit son poème le plus célèbre dans mon précédent article. En toute honnêteté je pense qu'il s'agit là du plus beau poème de la langue française, pourtant si riche en poèmes magnifiques.
Ce sonnet est en plus représentatif de l'oeuvre de Gérard de Nerval : il est extrêmement beau, respectant les règles et sachant s'en abstraire, et avec une richesse symbolique absolument extraordinaire.


Il est né un 22 mai (comme moi !), en 1808 (pas comme moi). Sa mère accompagne son père, médecin dans l'armée napoléonienne, dans les voyages à l'étranger. Elle mourra alors que son fils avait deux ans, ce qui fait qu'il ne l'a pour ainsi dire pas connue. Il sera élevé par son oncle Antoine Boucher à Mortefontaine, dans la campagne du Valois.
En 1814, lors du retour de son père, il ira s'installer à Paris.
Lycéen, il traduit en français plusieurs oeuvres de Goethe, et notamment Faust. Ses traductions comptent parmi les meilleures jamais réalisées. Goethe dira même qu'il aurait écrit sa pièce ainsi s'il avait dû l'écrire en français !
Il fut un des premiers adhérents, avec Petrus Borel, du mouvement Jeune France. Ami avec Victor Hugo, Théophile Gautier, Alexandre Dumas, il participera à la "bataille d'Hernani", côté moderne, évidemment, le 25 février 1830.
En 1832 il sera emprisonné pour avoir manifesté ses convictions républicaines. Libéré, il visitera l'Italie. Vers 1835 il s'installera rue du Doyenné, chez Camille Rougier. C'est le temps de la "bohême galante".
Nerval tombera ensuite follement amoureux de l'actrice Jenny Colon, qui refusera sa demande en mariage pour en épouser un autre en 1838. Il part alors en Allemagne, puis en Autriche avec Alexandre Dumas, et écrit en collaboration avec lui le drame Léo Burckart.
Il publie des poèmes, des articles de presse (il est journaliste) mais aussi les récits des Illuminés, qui montrent son intérêt pour la Tradition ésotérique.
En 1841 c'est sa première crise de folie. Il souffre d'hallucinations et de délire, se prend pour le souverain (le dieu ?) d'un univers. Interné à la clinique du docteur Blanche, il apprend la mort de Jenny Colon, en 1842.
Il décide alors de fuir et part pour l'Orient en 1843. Il voyagera en Egypte, en Syrie, en Turquie, à Malte et à Naples (Voyage en Orient, 1851).
De retour à Paris il reprend ses activités de librettiste et de journaliste jusqu'en 1851. Mais la folie frappe à nouveau, et il doit être interné à intervalles de plus en plus réguliers (janvier-février 1852, février-mars 1853, août 1853 mai 1854, fin 1854).
Entre ses crises, il écrira ses oeuvres maîtresses : Lorely (1852), les Filles du Feu, les Chimères, mais aussi Sylvie et Aurélia.
A sa demande ses amis obtinrent sa "libération" à la fin de l'année 1854. Il dut faire face à la dureté de l'hiver parisien, alors qu'il avait une double détresse matérielle et mentale.
On le retrouvera à l'aube du 26 janvier 1855, pendu à la grille d'un escalier de la rue de la Vieille Lanterne, qui n'existe plus aujourd'hui, un des endroits alors les plus laids de Paris, "dans le coin le plus sordide qu'il ait pu trouver" d'après Baudelaire.
La veille il avait écrit à sa tante :
"Ne m'attends pas ce soir car la nuit sera blanche et noire..."

par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Vendredi 30 novembre 2007
El Desdichado

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J'ai rêvé dans la grotte où nage la Sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron,
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.


Gérard de Nerval
Odelettes
par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Mardi 27 novembre 2007

Je ne suis pas très doué156.JPGe pour le jardinage. On pourrait dire sans me vexer que je n'ai pas la main verte. Mais l'année dernière quelqu'un m'a donné des graines d'acacia, et comme c'est un arbre que j'aime beaucoup, j'ai décidé de le planter.
La graine s'est transformée peu à peu pour donner un tronc de quelques millimètres d'épaisseur, puis une timide feuille, puis deux, puis trois, puis même quelques ébauches de branches et des épines. Parce qu'un acacia est un arbre à épines.
Bébé Acacia, car tel est le nom qu'il porte pour l'instant, a fini par atteindre un mètre de haut et a logiquement perdu ses feuilles à l'approche de l'hiver.
Le trouvant un peu à l'étroit dans son joli pot rouge, il a bien fallu avoir le courage de le sortir de là pour l'installer en pleine terre, selon le vieux proverbe "tout ce qui est planté à la Sainte-Catherine prend racine".
Le coin choisi est relativement ensoleillé, il y a de l'espace pour qu'il puisse étendre ses futures branches et pour l'instant il a l'air plutôt satisfait du déménagement.
A confirmer au printemps.

Comme je suis un peu surprise qu'il soit encore en vie, et en même temps extrêmement heureuse (je ne pensais pas qu'on pouvait s'attacher aussi vite à un arbre), j'ai décidé de partager...

par Harmonie publié dans : Histoire de mon arbre
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Jeudi 22 novembre 2007

Il existe d'autres versions de la création du monde, même si elles ont eu moins d'échos. En effet chaque clan primitif avait sa légende, avec son dieu créateur.

A Saïs, c'est la déesse Neith qui crée le monde, par sept paroles, ou sept flèches.

A Elkab la déesse Nékheb (ou Nekbet) agit de la même manière que Neith. Elle est le vautour blanc qui étend ses ailes sur le pharaon.

A Hérackléopolis (Moyenne Egypte) c'est le dieu Hérishef à tête de bélier, "celui qui est sur son lac". Démiurge local, il exalte surtout la fécondité et la fertilité.

Le dieu Montou, homme à tête de faucon surmontée d'un disque solaire, est un dieu guerrier, considéré comme démiurge à Ermant, près de Thèbes.

A Esna, c'est la déesse Méthyer (ou Méhytouret) la vache primordiale, qui symbolise la vie sortie du Noun. Elle donne naissance au Soleil puis le protège en le plaçant entre ses cornes.

Le dieu Khnoum à Eléphantine, l'un des plus anciens dieux, crée un couple d'humains en les modelant dans de la glaise... Il crée le monde sur son tour de potier. Il est représenté avec une tête de bélier.

Le principal point commun de ces légendes est le Noun. A l'origine il y a toujours le Noun, l'océan primordial, puis apparaît la butte primitive et/ou le démiurge. Après la création le Noun ne disparaît pas, il est simplement repoussé aux confins du monde.

par Harmonie publié dans : Mythes, légendes, textes sacrés
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Jeudi 22 novembre 2007

Au commencement était le Noun.
Puis le serpent ailé Kematef "celui qui accomplit son temps", surgit du Noun à l'emplacement de Thèbes. Il mit au monde Irta, "celui qui a fait la terre". Irta à son tour créa les huit dieux primordiaux, qui se rendirent ensuite à Héliopolis (ou à Hermopolis selon d'autres versions), où ils engendrèrent le Soleil, Atoum et Ptah.
Epuisés, les huit dieux retournèrent à Thèbes pour dormir à côté d'Irta et de Kematef, tandis qu'Atoum et Ptah poursuivaient la création.
Kematef a été assimilé par les thébains à leur divinité locale le dieu Amon, "le Caché", dont l'essence échappe à l'entendement.


Cette légende est la plus tardive, ce qui explique son caractère syncrétiste. Amon est un dieu connu dès l'Ancien Empire, mais il n'est alors qu'une divinité mineure. A la XII dynastie les pharaons Ammenemes l'élevèrent au rang de dieu dynastique (qui veille sur une lignée de pharaons). Mais au Nouvel Empire il devient progressivement le principal dieu. Il est le dieu de la ville de Thèbes et les célèbres temples de Karnak et Louxor lui sont consacrés.
Les théologiens d'Amon profitèrent du fait qu'Amon est un dieu mystérieux et secret, qui pouvait agir sous de multiples apparences. Ainsi Amon devint dieu solaire sous la forme d'Amon-Rê (dès la XII dynastie), puis plus tard dieu générateur, créateur... Il rappelle par ces multiples visages le caractère d'Atoum dans la version héliopolitaine "il est tout ce qui est et tout ce qui n'est pas". Cela explique qu'il soit devenu le dieu majeur : il absorbait aisément les caractéristiques des autres divinités.

par Harmonie publié dans : Mythes, légendes, textes sacrés
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