Samedi 9 février 2008
Lorsque tu fermeras mes yeux à la lumière,
Baise-les longuement, car ils t'auront donné
Tout ce qui peut tenir d'amour passionné
Dans le dernier regard de leur ferveur dernière.

Sous l'immobile éclat du funèbre flambeau,
Penche vers leur adieu ton triste et beau visage
Pour que s'imprime et dure en eux la seule image
Qu'ils garderont dans le tombeau.

Et que je sente, avant que le cercueil se cloue,
Sur le lit pur et blanc se rejoindre nos mains
Et que près de mon front sur les pâles coussins
Une suprême fois se repose ta joue.

Et qu'après je m'en aille au loin avec mon coeur,
Qui te conservera une flamme si forte
Que même à travers la terre compacte et morte
Les autres morts en sentiront l'ardeur !


Emile Verhaeren
Les Heures du Soir

J'aime de plus en plus ce poète, tous les écrits que j'ai pu trouver de lui jusqu'à présent m'émeuvent.
Par Harmonie - Publié dans : Poésies que j'aime... - Communauté : Les Grands Poètes
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

Salut, Je t'ai tagué ! Viens vite voir mon blog pour en savoir plus. @mi K'Lment
Commentaire n°1 posté par Grand Maitre Fred, Jedi des Mots le 09/02/2008 à 16h48
Et bien je vais aller voir de quoi il s'agit :-)
Réponse de Harmonie le 09/02/2008 à 21h26
Normal, Verhaeren est belge, un "flamand" comme moi
Commentaire n°2 posté par Christian Vancau le 25/03/2008 à 22h40
Dois-je en conclure que tous les poètes belges sont émouvants ? :-)
Réponse de Harmonie le 26/03/2008 à 06h07
Meric, vous me faites encore plus aimer Verhaeren.
Mon préféré c'est peut-être :

Il est ainsi de pauvres coeurs
Avec, en eux, des lacs de pleurs,
Qui sont pâles, comme les pierres
D'un cimetière.

Il est ainsi de pauvres dos
Plus lourds de peine et de fardeaux
Que les toits des cassines brunes,
Parmi les dunes.

Il est ainsi de pauvres mains,
Comme feuilles sur les chemins,
Comme feuilles jaunes et mortes,
Devant la porte.

Il est ainsi de pauvres yeux
Humbles et bons et soucieux
Et plus tristes que ceux des bêtes
Sous la tempête.

Il est ainsi de pauvres gens,
Aux gestes las et indulgents,
Sur qui s'acharne la misère,
Au long des plaines de la terre.

Mais sur celui de cette page il y aurait beaucoup à dire .... et beaucoup à évoquer, comme cet espéce de faux espoir pitoyable et poignant qui est chanté si harmonieusement dans Sully-Prudhommme, le poème qui commence par "Bleux ou noirs, tous aimés tous beaux, ddes yeux sans nombre" etc
Commentaire n°3 posté par Roland le 03/07/2009 à 23h08
Le plaisir est pour moi
Réponse de Harmonie le 16/08/2009 à 21h15
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus