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Samedi 1 mars 2008

Hier, plusieurs choses m'ont conduites à écrire ce que j'écris aujourd'hui. Cela va être clair dès le départ : je suis pour le droit à l'avortement.

Non, je ne suis pas une odieuse criminelle, ou perverse, je ne suis pas une "salope" (même si trois cent quarante-trois femmes que l'on a surnommé ainsi ont droit à mon respect). Je suis une femme.
Je n'ai jamais été enceinte, mais je sais en posant la main sur mon ventre, que j'espère avoir un jour la chance d'y sentir grandir une vie, et je suis reliée à toutes les autres femmes sur la terre, qu'elles aient ou non mis au monde des enfants. J'ai le droit de dire "nous, les femmes", car je ressens ce "nous" comme étant vrai.
Le mystère de la vie (comment se forme une nouvelle cellule, comment elle se divise pour former tout un amas de cellules, et puis à un moment, ce n'est plus un amas de cellules mais quelqu'un) voilà peut-être le seul mystère pour lequel je sois prête à courber le front.

Ceci dit, je suis pour le droit à l'avortement.
Je comprend que l'on puisse ne pas vouloir avorter, quelles que soient les circonstances, pour soi-même, mais pas qu'on l'interdise.

C'est une décision infiniment difficile que l'avortement. Une décision que bien souvent on est obligée de prendre seule. Une décision que l'on ne prend pas à la légère,  non, car il n'y a que dans les ligues anti-avortement que l'on peut sérieusement défendre le portrait de la femme perverse allant gaiement à l'encontre de la "Nature".

C'est un deuil à faire, et il n'est pas moins violent, pas moins lourd à porter, parce qu'il a été décidé.

J'entend déjà les critiques : "ah, vous voyez, vous parlez de deuil, c'est donc que vous reconnaissez le statut d'être humain !". On peut faire le deuil de ses espoirs, de ses rêves, des potentialités. Si demain on m'annonce que je suis stérile, il faudra que je fasse le deuil de ces enfants que je ne mettrai jamais au monde, qui n'existent pas, qui au sens de la biologie n'ont même jamais existé, mais qui pour moi ont tout de même une existence, puisque je les ai conçus (dans le sens de concepts, par la pensée).

Je pourrais peut-être parvenir à comprendre que l'on souhaite interdire l'avortement, en considérant que la contraception existe, et qu'il y a même la "pilule du lendemain" pour les "accidents" (exceptant de l'interdiction les cas de viols, et les avortements pour raisons médicales).
Mais bien souvent, ce sont les mêmes qui veulent interdire l'avortement et qui réprouvent l'usage des contaceptifs.
Au nom de quoi la contraception est-elle mauvaise, ça, j'avoue honnêtement n'avoir jamais réussi à le saisir. Empêcher une potentialité, cela ne m'a jamais paru être un crime.
La loi Neuwirth de 1969 (seulement 1969 !) qui autorisait la contraception, est pour moi une des grandes lois de l'histoire de la République.
Parce qu'elle autorisait enfin les femmes à être les égales des hommes,  parce qu'elle admettait implicitement que l'on peut avoir envie de faire l'amour sans souhaiter concevoir un enfant.

Au delà de tous les reproches "éthiques" que l'on pourrait me faire (et c'est difficile de se heurter à des résistances bien souvent issues de la foi religieuse), il y a ce simple fait : tous les ans, des femmes choisissent d'avorter.
Dans les pays où l'avortement est interdit, des femmes choisissent quand même d'avorter.
L'avortement n'est pas nouveau, il y a toujours eu des "faiseuses d'anges", même dans l'Antiquité, quelle que soit la culture.
"Oui mais, c'est parce que la société actuelle ne permet pas aux femmes d'avoir des enfants ! Il faut mettre en place une politique familiale qui permettent de les garder !". C'est dans l'autre sens que ça marche : mettez en place cette politique, et quand il n'y aura plus d'avortements en France, vous pourrez fermer les centres. Nul besoin d'interdiction.
Je n'y crois pas, et je ne crois pas qu'aucun de ceux qui défendent cette "politique familiale" croit sincèrement qu'elle puisse être efficace.

Moi, j'ai parfois un côté très pragmatique : d'un côté,j'ai des femmes qui avortent dans de bonnes conditions, sans craintes, avec l'assistance d'un médecin, pour qui tout se passe bien, et qui pourront plus tard mettre au monde des enfants qu'elles ont désirés. De l'autre, j'ai des femmes isolées, désespérées, qui agissent en cachette, dans de mauvaises conditions, avec parfois l'aide d'un ou d'une "faiseuse d'ange", parfois seules, qui risquent de se blesser et de devenir stériles pour cause de manques de soins, voire de mourir, et qui vivront avec l'angoisse qu'on les dénonce, et qu'elles aillent finir leurs vies en prison.

Je suis donc pour le droit à l'avortement.

par Harmonie publié dans : Politique citoyenne
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Commentaires

Tu as entièrement raison. L'avortement est une décision qu'une femme doit être en droit de prendre ou pas.

J'ai remarqué une chose "amusante" : ce sont en général des hommes qui font le plus de bruit pour interdire l'IVG.
commentaire n° : 1 posté par : Stéphane (site web) le: 01/03/2008 07:42:46

Je ne sais pas ce qui est le plus triste, des hommes qui se permettent de juger ce qu'ils ne connaîtrons jamais, ou des femmes qui tiennent les mêmes raisonnements, sous prétexte qu'elles refusent de l'envisager pour elles-mêmes (ce que je leur accorde bien volontiers).
Parmi ceux qui sont les plus fanatiques à l'encontre des droits des femmes (et je ne parle pas que d'avortement) il y a bien souvent d'autres femmes, qui ont dû oublier que nous sommes toutes soeurs...

réponse de : Harmonie (site web) le: 01/03/2008 07:54:07
Je suis, bien sûr, entièrement d'accord avec toi Harmonie :-)
commentaire n° : 2 posté par : Trazom (site web) le: 01/03/2008 08:24:15
Voilà qui ne me surprend guère.
réponse de : Harmonie (site web) le: 01/03/2008 11:09:05
je partage entierement ton point de vue, Harmonie.

femme de 59 ans

mere comblee de 3 enfants voulus ,acceptes,

ayant donc connu l epoque avant pilule,

etant presque (peut on l etre completement ) sure que je ne l aurais pas choisi pour moi sauf cas gravissime ,

mais absolument certaine que JAMAIS je ne m arrogerai le droit de juger les autres et de decider a leur place, sur un sujet aussi intime.

note perso: mes enfants viennent de vivre une sale periode de deux mois de debut de grossesse ou l'eventualite de probleme d'un avortement therapeutique se posait.
nous avons beaucoup souffert avec eux...
commentaire n° : 3 posté par : isis le: 01/03/2008 11:06:16
Je suis de tout coeur avec eux.
réponse de : Harmonie (site web) le: 01/03/2008 11:09:27
Tu n'a pas peur de la contagion bloguesque?
commentaire n° : 4 posté par : Thra (site web) le: 01/03/2008 13:17:10
??? Mais de quoi parles-tu ?
réponse de : Harmonie (site web) le: 01/03/2008 13:20:39
D'une certaine invasion d'intégristes quand on s'exprime sur des sujets de ce type.
commentaire n° : 5 posté par : Thra (site web) le: 01/03/2008 14:09:22
Très drôle Thra :-D Disons qu'un troll a envahi les colonnes de nos blogs, celui de Thra et le mien, et on a beau ne pas le nourrir, il revient toujours :-p
commentaire n° : 6 posté par : Trazom (site web) le: 01/03/2008 15:25:15
Les trolls, je les préfère dans les livres de fantasy. Mais toutes les personnes ouvertes à la discussion, même d'un avis contraire au mien (surtout d'un avis contraire !) peuvent s'exprimer ici.
réponse de : Harmonie (site web) le: 01/03/2008 15:42:57
Tout à fait, mais dans le cas présent, il s'agit plus de provocation que de discussion, c'est tout le problème...
commentaire n° : 7 posté par : Trazom (site web) le: 01/03/2008 15:46:25
Je vois.
réponse de : Harmonie (site web) le: 01/03/2008 17:27:58
je rassure tout le monde: nous sommes aujourd hui (presque) rassures, je serais mamisis fin juin
commentaire n° : 8 posté par : isis le: 01/03/2008 16:29:32
Tu nous préviendras, bien sûr ?
réponse de : Harmonie (site web) le: 01/03/2008 17:27:41
Heu... Thra et Trazom ont parfaitement raison. D'autant que le sujet de ton article intéresse "particulièrement" le troll en question.
commentaire n° : 9 posté par : Stéphane (site web) le: 01/03/2008 16:35:27
C'est bien ma veine ! Enfin, pour l'instant, auncun signe d'apparition de troll à l'horizon.
réponse de : Harmonie (site web) le: 01/03/2008 17:29:02
pour le futur petit fils, bien sur, a me souvenir de notre joie lors de la naissance de la grande soeur, ca m etonnerai que j arrive a me taire cette fois ;-)...

euh je l ai pas vu le troll
, faut des lunettes speciales?
commentaire n° : 10 posté par : isis le: 02/03/2008 12:12:55
Bon alors nous ferons tous la fête le moment venu.
réponse de : Harmonie (site web) le: 03/03/2008 15:51:36
Bonjour.

Je viens de lire ton article et je suis entièrement d'accord avec toi.

J'ai eu la chance de porter la vie, c'est une expérience extraordinaire, c'est vraiment magique. J'ai refusé les tests génétiques qui visent à éliminer avant la naissance les bébés trisomiques parce que je suis incapable de tuer le bébé qui est à l'intérieur de moi (je ne juge personne, une IMG est quelque chose d'atroce et cette décision appartient à chacun, c'est juste mon point de vue).
Donc, je ne pense pas pouvoir me faire avorter, maintenant que je sais ce qu'est une grossesse, une naissance et la maternité.
Cependant, il vaut mieux ne pas faire naître un bébé plutôt que de le faire souffrir. C'est un des droits inaliénables de la femme et je me battrai pour qu'il persiste.
Donc, oui à l'avortement, mais il vaut mieux communiquer plus sur la contraception pour éviter ces situations. Pour moi, aucune femme ne peut sortir indemne d'un avortement.
commentaire n° : 11 posté par : monbricabrac (site web) le: 17/03/2008 09:53:14

Non, personne ne s'en sort indemne. C'est pour ça que l'accompagnement est important.

réponse de : Harmonie (site web) le: 17/03/2008 18:17:41
Hé, j'ai atterri ici PAR HASARD ! (et même pas par contamination bloguesque). C'est votre faute, aussi, à force de faire des invocations.

Bon, cela dit, tout de même, je rajoute JUSTE des observations. Je me tiens bien. Je bouge pas. Et je mange personne.
Je reprends juste le message d'harmonie, ok ? comme ça c'est un avis après un autre.

(je ne juge pas, Attention, je ne dis en aucun cas que je suis contre l'avortement.
Les femmes ont maintenant ce choix et qu'il est légalisé, les femmes ont le droit de décider enfin de leur avenir. Je parle juste de ma situation personnelle et de mes choix. En aucun cas je ne me refère au droit a l'avortement en portant un jugement dessus.
Et je suis tout à fait conscient(e) des horreurs qu'ils y avait avant, avec "les faiseuses d'anges", ainsi que la souffrance qui s'en dégageait, et je suis bien content(e) de vivre a mon époque. et ce qui est important c'est d'avoir le choix)


- Je comprend que l'on puisse vouloir avorter, dépendant des circonstances, mais pas qu'on le propose effectivement comme une solution (de la même façon que je comprend parfaitement qu'on puisse vouloir se foutre en l'air ou une balle dans la tête, mais pas que l'on invite son ami à sauter du haut d'un immeuble ou avaler des curarisants) (c'est pas juste de l'ironie, c'est un exemple).

- C'est une décision infiniment difficile que l'avortement. Une décision que bien souvent on est obligée de prendre seule. Et de vivre seule. Et d'assumer seule. Et d'encaisser seule. Et qui ne résoud aucun des problèmes à cause desquels on l'envisageait.

- Les enfants que l'on peut avoir mais qui ne sont pas là, peuvent être classés au rang des espoirs, des rêves, des potentialités.
Un enfant une fois conçu, biologiquement parlant, est un peu plus qu'un concept, ou qu'une pensée. (simple constatation,là ce n'est pas un avis).

- Excepter d'une hypothétique interdiction les avortements pour raisons médicales, cela signifie accepter une autorisation de l'avortement jusqu'à 9 mois de grossesse, dans le cas de trisomie 21 par exemple (maladie viable mais assez mal vue). Ce qui est possible, mais il faut tout de même le préciser, par honnêteté.

- Bien souvent (mais pas forcément du tout), ce sont les mêmes qui veulent interdire l'avortement et qui réprouvent l'usage des contraceptifs, partant de l'observation (de l'observation, non du principe) que la banalisation de la contraception s'accompagne du développement d'une mentalité qui a de plus en plus tendance à voir dans l'enfant un obstacle, un danger à éviter, et se trouve beaucoup plus disposée à l'éliminer en cas d'imprévu (les cironstances fussent-elles pas catastrophiques du tout). Juste par habituation à l'idée d'éviter à tout prix un enfant imprévu (l'esprit humain est ainsi fait, ça n'est qu'un constat).

- Ceci dit, on trouve aussi des femmes féministes de gauche non-croyantes, vigoureusement anti-avortement. (l'esclavage ultime de la femme, qu'elles appellent ça. Un outil d'asservissement des femmes).

- L'avortement ne permet pas plus aux femmes à être les égales des hommes, attendu qu'un machiste patenté risque fort de n'y être franchement pas opposé (du fait de pouvoir partir sans rien assumer : "t'as qu'à l'avorter, moi j'en veux pas") -
variante : "t'as pas bien pris ta pilule" ; parce que l'avortement et la contraception admettent implicitement que l'on peut avoir envie de faire l'amour sans souhaiter concevoir un enfant... ...aussi bien pour les hommes que pour les femmes.

- L'avortement n'est pas nouveau, comme n'importe quels maux sur terre.Ce qui n'implique pas pour autant que l'on soit tenu de l'apprécier ou d'y voir une grande libération. Ni même une solution. C'est juste un fait. (comme les accidents de voitures, les guerres, les enlèvements, les violences faites aux femmes : cela a toujours existé - sauf les accidents de voiture, oui - et existera toujours, j'en ai bien peur).

- Ne pas croire qu'aucune autre "politique familiale" puisse être efficace, donc accepter d'en revenir à une méthode dont on vient de dire qu'elle existe depuis toujours, donc pas forcément très moderne,
cela revient à inviter à se résigner et à ne surtout rien changer.
C'est chacun selon sa conscience, certes - la simple admiration pour les philosophes antiques ou les humanistes de la Renaissance m'interdisant à titre personnel une telle résignation.

- Moi, j'ai parfois un côté très pragmatique : d'un côté, j'ai des femmes isolées, désespérées, des enfants avortés dont on essaye de n'avoir rien à faire et de se dédouaner totalement, laissant les femmes se débrouiller toutes seules avec la question, et une sympathique évolution de mentalité en venant à affirmer que pour vivre heureux ou avoir droit au bonheur, il faut être non pas accepté pour soi, mais désiré et certifié, convenant à une liste de points précis ; un tel système créant fatalement de plus en plus de laissés pour comptes passés par profits et pertes ;
De l'autre, j'ai des femmes isolées, désespérées, qui agissent en cachette, dans de mauvaises conditions, qui risquent de devenir stériles pour cause de manques de soins, voire de mourir, et qui vivront avec l'angoisse qu'on les dénonce, et qu'elles aillent finir leurs vies en prison, le mec responsable ne risquant, lui, pas grand-chose pénalement (un point non soulevé dans l'article).

J'en conclue qu'il faut trouver autre chose. (j'ai parfois un côté très pragmatique).


(voilà : je me suis bien tenu.) (mais maintenant je vais revenir, c'est joli, ici, et on me donne à manger)
Moumine-le-Troll

http://valleedesmoomins.free.fr/images/livres/moumine-le-troll_le-chapeau-du-sorcier_256x387.jpg
commentaire n° : 12 posté par : ti'hamo (site web) le: 22/04/2008 15:11:47

J'ai fait des invocations, moi ? Avant de vous répondre sérieusement,sachez que je trouve votre pseudonyme très joli, ce qui n'a rien à voir avec le débat.

J'ai eu un peu de mal à comprendre ce que vous écrivez, car vous commencez par "je ne dis en aucun cas que je suis contre l'avortement" pour continuer en expliquant à quel point l'avortement c'est pas bien (je caricature un peu).
Soit vous êtes contre le droit à l'avortement, soit vous êtes pour, soit vous n'avez pas d'opinion encore fixée et vous doutez (ce qui est votre droit). Mais je trouve bizarre que l'on dise que l'on n'est pas contre pour tenir ensuite un discours à l'encontre de ce que l'on vient juste d'affirmer.
Il m'arrive aussi de m'exprimer de manière ambigüe involontairement parfois, je vais donc considérer que c'est votre cas et que votre déclaration initiale visait simplement à dire que vous étiez ouvert au dialogue.
Si j'ai mal compris, vous êtes bien sûr prié de rectifier.

Vous dites: "Je comprend que l'on puisse vouloir avorter, dépendant des circonstances, mais pas qu'on le propose effectivement comme une solution". C'est votre opinon, je ne vois pas trop ce que je peux répondre, hormis que je comprend que l'on veuille parfois avorter, et que je comprend aussi qu'on le fasse. Opinion contre opinion, le débat n'avance pas.

Je suis d'accord avec ce que vous ajoutez à ma phrase, à l'exception du "Et qui ne résoud aucun des problèmes à cause desquels on l'envisageait".
Désolée si je vous semble stupide, mais il me semble que vous oubliez un détail : une fois que l'on a avorté, on n'est plus enceinte.
Donc ça règle le problème du "comment vais-je gérer une grossesse non désirée ?", "qu'est-ce que je vais devenir avec un bébé ?", "comment vais-je pouvoir m'occuper de cet enfant ?".
Cela ne règle pas tous les problèmes, loin de là, mais certain sont réglés de manière radicale.
Même si vous pouvez être en désaccord avec la méthode choisie, vous ne pouvez nier le résultat.

Je me suis exprimée de manière maladroite : je ne voulais pas assimiler un embryon à un espoir de bébé, je voulais simplement dire que le phénomène de deuil n'est pas forcément lié à une existence biologique. C'est plus clair ?

Au bout de neuf mois de grossesse, on ne peut plus avorter par pilule. Quand la grossesse est avancée et qu'une maladie génétique est détectée, les médecins préfèrent la mener jusqu'au bout, car c'est beaucoup moins dangereux. Et l'enfant est abandonné à la naissance. Pour qu'il y ait avortement médical à un stade si avancé, il faut que la grossesse mette en danger la vie de la mère. Autrement dit : si on ne veut pas qu'il y ait deux morts, il faut agir pour qu'il n'y en ait qu'une.
La trisomie 21 n'étant pas une grossesse dangereuse, il est bien plus probable qu'il y ait abandon... et s'il y avait interdiction de l'avortement thérapeutique, il y aurait davantage de morts.

Vous sortez ça d'où, que la contraception entraîne les gens à voir les enfants comme des obstacles ? Grâce à la contraception, les enfants sont désormais voulus, désirés. Moins obstacles que lorsqu'elle n'existait pas ! Ou alors, montrez-moi une étude fiable qui me démontre le contraire.

Si vous avez un moyen de les contacter, ces femmes, j'aimerai bien que vous me le donniez. Leurs arguments sont sûrement bien plus intéressants que tous ceux que j'ai pu lire jusqu'à présent, parce qu'il prend le problème sous un autre angle; Je ne parviens pas à les comprendre pour l'instant, ce qui semble ogique puisque je n'ai pas connaissance de leurs arguments.

Que les hommes sont parfois salauds, ce n'est pas nouveau. Et si le "t'as qu'à avorter" est dégeulasse, l'abandon lorsque l'on se retrouve enceinte ne vaut pas mieux.

J'ai dû une nouvelle fois mal m'exprimer : il n'était pas question d'approuver l'avortement parce qu'il n'était pas nouveau, juste de signaler que ce n'était pas récent, et qu'il y a eu différentes manières de le considérer historiquement.

C'est une manière d'assimiler absence de croyance et résignation qui n'est pas mienne ti'hamo. Je ne crois pas que les guerres peuvent toutes s'arrêter, et pourtant je suis pacifiste. Je me permet simplement de mettre en doute l'efficacité de ces politiques.
Par exemple, je ne suis pas d'accord avec Marine Le Pen lorsqu'elle déclarait que si son père était élu pour les présidentielles, ils interdiraient l'avortement mais mettraient en place une politque familiale pour que cela ne soit pas un problème.
Je ne veux pas dire par là que tous les militants anti-avortement votent FN, c'est juste un exemple, d'accord ?
Comme je l'ai signalé dans l'article. Mettez en place cette politique, si elle fonctionne et qu'il n'y a plus d'avortement, j'y croirai.

Désolée, ti'hamo, mais dans le système actuel, les femmes ne sont pas isolées, il y a une prise en charge, et il est possible d'aller voir quelqu'un si on ne parvient pas à faire le deuil de l'embryon.
Dans l'autre, il n'y a absolument pas de prise en charge.

Je n'ai pas vraiment compris en quoi c'était mieux. C'est "elles ont avorté, elle n'ont qu'à se débrouiller toutes seules maintenant" ? Où est le pragmatisme ?

Concernant les hommes. Si j'ai bien compris, ta proposition, c'est : les femmes n'ont pas le droit d'avorter, elles se débrouillent avec les gamins, mais si un homme met une femme enceinte contre son gré, il va en prison ?
J'ai mal compris ?

PS : Moumine est plutôt mignon, ce qui là encore, n'a rien à voir avec le débat.

réponse de : Harmonie (site web) le: 27/04/2008 21:04:21
...et c'est justement ce que je reproche à un façon de penser relativement répandue et commune actuellement : voir le fait d'être enceinte avant tout et en premier lieu comme un problème, et comme le premier problème, ou en tout cas le seul auquel on fasse mine de proposer une solution.
Or, d'où vient que l'enfant soit considéré comme un problème ?
à cause de tous les autres problèmes préexistants (matériel, moral, etc...)

Que l'on ne règle pas.
Que l'on ne cherche pas à régler.
L'arrivée de l'enfant joue donc comme un révélateur...et on le bute.
Et on en parle comme si les problèmes avaient été réglé, et que ce soit le fait d'être enceinte qui ait été un problème.
Je trouve donc ce système hypocrite.


Concernant l'avortement dit "thérapeutique", m'est avis que vous avez quelque peu mélangé.
Vous dites que, passé un certain délai, l'avortement par pilule n'est plus possible. Cela, c'est "l'avortement médicamenteux" ; cette dénomination désigne une technique, qui n'est effectivement possible qu'à des stades assez précoces.

Concernant les maladies génétiques, on parle d'"avortement thérapeutique" (expression déjà mensongère en soi, qui fait mine de prétendre que cela "soigne" une maladie ; en terme de traitement il est tout de même un peu radical). Cette dénomination désigne un aspect légal. C'est à dire non pas une technique, mais la raison pour laquelle est pratiqué l'avortement.
C'est donc tout différent de "avortement médicamenteux".
Un avortement "thérapeutique" peut donc se faire par diverses techniques, selon le stade de développement, les aspects pratiques et la législation en vigueur (par exemple avortement par accouchement partiel très pratique dans les cas tardifs, mais autorisé uniquement dans certains états des états-unis).
Il peut être aussi bien par curetage, par aspiration, par... ça dépend.

Et, donc, c'est non seulement pratiqué mais même proposé ; étant donné les récentes jurisprudences en matière de "dommages et intérêts pour anomalie non détectée parceque sinon on aurait demandé l'avortement et maintenant on a été obligés d'élever notre enfant, c'est un comble",
les médecins auraient (pas expérimenté personnellement, mais recoupement de sources par connaissances enceintes) maintenant plutôt tendance à proposé la "sécurisation" à outrance, en proposant tests de dépistage en vue d'"avortement thérapeutique" si besoin, voire vous demande de signer une décharge si vous les refusez. Et insiste quand-même.
Et sinon, si un enfant naît avec un handicap non détecté, il reste la possibilité de l'abandon, oui : l'abandon par les parents ET l'équipe de soin, et mort en quelques heures ou jours.

Donc, non, l'avortement à des stades avancés n'a pas du tout lieu principalement pour cause de mise en danger de la vie de la mère, et l'interdiction de l'avortement thérapeutique augmenterait uniquement de façon sensible le pourcentage de personnes vivantes atteintes de trisomie, de maladies génétiques orphelines, de bec-de-lièvres ou autre "maladies incurables".
Je vous trouve donc un peu angélique sur ce point, et de toute façon il y a eu confusion entre "médicamenteux" et "thérapeutique".


Je sors ça d'où le coup de considérer les enfants comme des obstacles à cause de la banalisation de la contraception ?
Et bien, de la vie de tous les jours. Des propos courants et des a priori et principes des gens, les gens, quoi, ceux que je connais et que je fréquente, ou seulement côtoie, ou les gens que j'entends discuter dans les transports en commun, ou les remarques des gens chez qui je vais en stage, ou des clients, que j'entends à la radio, que je lis dans les courriers des lecteurs, que je croise ici et là partout, quoi.
Je connais peu d'étude aussi fiable.
De plus, non seulement cela s'observe (ce qui en soi est suffisant, non? mais manquerait par trop d'explications...), mais en plus cela s'explique de façon rationnelle, et vous venez vous-même de le démontrer :
Vous me dites "Grâce à la contraception, les enfants sont désormais voulus, désirés" : n'y a-t-il pas contresens ?

Voulez-vous dire qu'auparavant, personne ne voulait surtout entendre parler d'enfants, et que maintenant tout le monde veut faire des enfants, plein d'enfants, et aime à la folie les enfants comme jamais durant les siècles passés ?
Ou bien voulez-vous dire, plus précisément, que, grâce à la contraception, ne viennent au monde que des enfants désirés et prévus ?

Ce qui est complètement différents ; or cela montre bien où est le souci : partant du principe que seul un enfant désiré doit naître, on met tout en place pour éviter l'arrivée d'un enfant hors des plages prévues,
et que se passe-t-il alors quand arrive un enfant non prévu ?
Et bien, on aurait donc plus facilement et très spontanément l'idée de lui éviter de naître.
Hors, de tels enfants existeront, puisque la contraception sûre à 100% ne peut pas exister ; mais on aura plus tendance à vouloir les éliminer.

Je ne trouve donc pas très exact, voire pas très honnête, de dire que grâce à la contraception, les enfants sont désormais désirés.


D'ailleurs, vous voyez là, et dans votre formulation même, le principe qu'une telle affirmation suppose : qu'il faut être désiré pour exister. Et pour être accepté.
La mentalité contraception-avortement actuelle et telle que défendue ici par vous, distille cette idée : y habitue : ou enfin finit par la créer un jour ou l'autre, et à grande échelle :
seul un enfant désiré, souhaité, prévu, pourra être heureux et naîtra.
un enfant imprévu, non désiré, ferait mieux d'être éliminé avant même la naissance.
Voyez-vous pas qu'il s'agit là d'une sorte de capitalisme appliqué à un domaine qui devrait définitivement lui échapper : la personne humaine ?

Il faut être demandé, souhaité, pour vivre ; (et calibré, attendu qu'un enfant souhaité mais présentant un défaut de fabrication sera passé à la moulinette et un nouveau projet de remplacement lancé).
il faut être désiré pour naître, autrement dit et ce sera plus clair ainsi, on ne peut naître QUE si l'on correspond au désir de parents, que l'on répond à un projet parental,
que si l'on répond à un besoin !
que l'on satisfait à une demande !
Mais c'est le concept même de marketing, la loi de l'offre et de la demande, appliqué à l'ETRE HUMAIN !!!
Comment est-ce que l'on peut soutenir un tel principe benoîtement, et ensuite prétendre tenir des propos "humanistes" sur d'autres sujets ?


Enfin, en toute logique avec vous-même, vous devriez attendre que soit mis en place une politique mondiale supprimant réellement toute les guerres, avant de vous déclarer pacifiste.
Ou alors, pourquoi adopter une position résolument inverse vis-à-vis de l'avortement ?


(le gars qui abandonne une femme et ne veut pas assumer son enfant : en prison, je ne crois pas que cela apporte rien à personne ; une obligation d'assistance matérielle serait déjà plus constructif. Et juste.)
(et, non, visiblement, les femmes ne sont pas particulièrement "accompagnées" : vous pouvez "allez voir quelqu'un pour faire le deuil de l'embryon", youpi, mais le fait même que ce soit grave et traumatisant est nié pour ne pas trop attirer l'attention sur la question.
D'autre part, si vous croyez fermement qu'un tel système soit suffisant,
alors pourquoi vous déclarez-vous si fermement persuadée qu'une politique d'aide aux mères et femmes enceintes n'aiderait personne et n'aurait aucune utilité ??
Et pourquoi ne pas "aller voir quelqu'un" AVANT, pour non pas faire le deuil, mais reprendre confiance en soi, être soutenue financièrement si besoin et moralement (parceque le matériel d'accord, mais même s'il est réglé, l'angoisse d'une femme devant la grossesse et l'enfant est une donnée qu'on ne peut pas réduire ni faire disparaître, quasi biologique),
et pour apprendre à attendre et éduquer un enfant ? Ce serait mieux, non ?


Sinon, non, le pragmatisme, c'est de se dire que le système XIXe est hypocrite et injuste, le système actuel est hypocrite, criminel et déshumanisant,
donc il en faut encore un autre.
commentaire n° : 13 posté par : ti'hamo (site web) le: 27/04/2008 22:20:57
voilà un lien vers ce dont je vous parlais. C'est en anglais, étant donné que le féminisme "à la française" (en français dans le texte :-) n'est pas vraiment parti dans cette direction, c'est le moins qu'on puisse dire.

http://www.feministsforlife.org/
commentaire n° : 14 posté par : ti'hamo (site web) le: 27/04/2008 22:26:44
Juste un petit bonjour pour te dire que je suis entièrement d'accord avec ce que tu dis dans cet article...
Passe un bon weekend.
commentaire n° : 15 posté par : Fanchon (site web) le: 10/05/2008 12:12:19

Bonjour Fanchon;

Je viens de m'apercevoir que je n'ai pas répondu à Ti'hamo...

réponse de : Harmonie (site web) le: 10/05/2008 14:00:39
Bonjour. Moi aussi, je suis tout à fait d'accord avec ce que tu dis dans ton article. Les arguments contre la possibilité de choisir l'avortement ne tiennent pas la route. Ils prennent le problème à l'envers. Bravo ^_^
commentaire n° : 16 posté par : Raphaël GEORGES (site web) le: 10/05/2008 13:17:50

Merci


réponse de : Harmonie (site web) le: 10/05/2008 14:01:16
"Les arguments contre la possibilité de choisir l'avortement ne tiennent pas la route. Ils prennent le problème à l'envers"

hm, c'est à dire ? ça m'a tout l'air d'une affirmation gratuite. C'est un peu facile.
D'autant que, si j'ai bien suivi, lesdits opposants veulent commencer par se poser la question "qu'est-ce qu'un avortement ?" et donc avant cela "qu'est-ce qu'un fœtus humain?"
quand les "partisans", si je puis dire, veulent commencer par "est-ce que j'ai le droit de pratiquer/demander un avortement ?"

Donc, pour ce qui est de prendre le problème à l'envers... m'est avis que vous faites fausse rute. comme dirait l'autre.
commentaire n° : 17 posté par : ti'hamo (site web) le: 14/05/2008 22:23:15

Je t'avais fait une réponse à ton long commentaire, je m'en souviens, mais elle n'est pas en ligne et je ne la retrouve pas dans mon administration. J'ai dû la supprimer par hasard... Bon, le débat est long et complexe, et si en plus mes réponses disparaissent...
Je suis en période de travail très intense pour cause de fin de semestre, donc je poursuivrai ce débat quand j'aurai du temps à y consacrer (si tout va bien, dans deux semaines).

réponse de : Harmonie (site web) le: 14/05/2008 23:02:41
oh, mais, 'y a pas de délai... (c'est même pas un mauvais jeu de mot :-)
commentaire n° : 18 posté par : ti'hamo (site web) le: 16/05/2008 20:06:22

Merci...

réponse de : Harmonie (site web) le: 16/05/2008 20:11:07

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Je remercie SaT pour m'avoir gentiment offert le dessin qui me sert d'avatar. Drôlement sympa, vous ne trouvez pas ? (c'est lui qui dessine La République des Fourmis ).

 

Je remercie aussi Padidu qui est en train de me fabriquer une bannière.  Et C_kissa qui m'as aidée pour mon fond.
(Voir mon Atelier... )

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