Mardi 26 août 2008
Consigne n 25  d'écriture ludique.

Tu me nargues. Et je reste là, impuissante, tiraillée, tordue entre désir et désespoir.
Tu t'étales, tu prends ton temps, tu t'offres à ma vue, comme pour t'assurer que je ne m'éloignerai pas. Tu le sais bien, pourtant, que mes rêves sont trop forts pour s'éteindre. Je tends vers toi une main hésitante et légère pour t'offrir la plus douce des caresses.
Mais je sais qu'une fois de plus tu me repousseras, me laissant pantelante de désir inassouvi, glacée encore par ton refus.

Alors parfois vient la rage, l'envie furieuse de te prendre de force, de te cambrer sous mes mains jusqu'à ce que tu abandonnes toute résistance et que tu finisses par céder, par te plier à ma volonté.
Imposer ma marque, et voir mon sang couler sur toi à gros bouillons noirs.

Mais tu ne veux pas.
Même cette étreinte volée, tu la refuses. Fière et indomptable.
Tu n'oseras, semble-tu ricaner, et je suis bien en peine de te contredire.

Je te griffe avec hargne. Ma lame court sur ta peau, fines incisions d'où coule un sang transparent et menteur, qui disparaît en séchant, se heurtant à la barrière infranchissable de ton indifférence.

Je n'en puis plus. Tu danses devant mes yeux, hypnotique et moqueuse. Je me jette sur toi avec un cri féroce, je frappe pour détruire. Volonté de te déchirer, de te briser en mille morceaux épars.
Tu résistes à peine, comme surprise de ma violence, écartelée entre mes doigts.
Qu'ai-je fait pour mériter ça ?
Rien. Rien justement. c'est bien ça que je te reproche !

Ma vue se brouille, les larmes envahissent mon visage. j'ai le coeur qui chavire. Je tombe à genoux à tes côtés.
Tu gis blessée sur le sol, recroquevillée sur toi-même.

Pardon, pardon, soufflé-je. Je t'en supplie. Je murmure des paroles de réconfort, comme si tu y prêtais attention. Je soigne tes plaies doucement, avec un sentiment si profond de culpabilité. Tu es docile pour une fois, mais toujours si froide. À ton indifférence se mêle désormais le mépris.

Mon souffle meurt peu à peu, jusqu'à ce que vienne le silence. Tu es à nouveau là, je ne vois plus que toi, je n'existe plus que pour toi. Et tu restes, reine cruelle, juste assez lointaine pour que je n'ose te toucher.
Ton profil autrefois lisse est désormais strié des cicatrices de ma colère.

Qui s'est évanouie.

Il ne reste plus rien. Ni rage ni hargne. Juste la lassitude et une vague mélancolie.
Je t'effleure sans plus chercher à te soumettre. Qu'ont-ils donc de plus que moi ces autres auxquels tu t'offres ?
Que devrais-je faire, que devrais-je être pour qu'un jour, il n'y ait plus cette tension entre nous ?

Peut-être qu'il n'y aurait plus rien.
Peut-être que mes offrandes seraient sans valeur si elles ne s'étaient nourries de mes larmes. Mes victoires sans sel si tu ne t'étais pas battue.
Mes défaites auraient-elles un sens si elles n'étaient que le fruit de mon incapacité à te désirer ?

Tandis que je meurs pour toi, que je vis en toi. Car l'amour, la mort, la vie, trois facette d'une même chose.

Et cela donne un sens à mon sacrifice ; et à tes dérobades.
Combien vrai est l'adage qui dit qu'amour et haine se ressemblent !
Je te hais et te maudis, toi que j'adore, toi toute-puissante et fragile page blanche...
Par Harmonie - Publié dans : Mes univers, mes écrits - Communauté : Ecriture Ludique
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