Quand le gouvernement...

Publié le par Harmonie

" Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. "

Les cours ont repris depuis trois semaines. Certains diront "trois semaines déjà ?" vu mon silence sur ce blog, mais d'autres penseront "trois semaines seulement ?" et ceux-là se souviendront que la grève a commencé en janvier.
En vérité, j'envisage d'écrire cet article depuis longtemps. Mais, à tort ou à raison, je pense que ce blog doit rester un lieu d'harmonie. J'attendais que ma colère retombe.
Elle n'est pas retombée. Je ne crois plus qu'elle retombera.

On nous disait que nous étions isolés, manipulés, évidemment. Je me souviens des dernières AG, dans l'amphi de sept cent places où il y avait des gens debouts. Qui souhaite l'arrêt de la grève ? vingt-huit personnes. qui souhaite continuer ? et toutes les mains se levaient...

Ce n'est pas que je ne voulais pas avoir cours, oh non. Cette grève longue, si longue, a été lassante, usante nerveusement. J'ai besoin d'apprendre sans cesse pour maintenir mon esprit en éveil. Besoin de découvrir, de réfléchir, pour ne pas me scléroser. Cette impuissance de fait me rendait malade. Lire et travailler en bibliothèque (et pourtant soyez témoisn que j'adore ça et que cela m'est nécessaire) n'est pas comparable à un cours magistral. Non, je voulais avoir cours.
Mais pas comme ça.

La Sorbonne a cédé disent-ils, et c'est vrai, nous avons cédé. À quel prix ? Est-ce que quelqu'un, hors de l'Université sait les menaces dont nous avons été l'objet ?

Je vais en cours. Ça tient plus à du bâchotage qu'à des cours, des professeurs qui tentent désespérement de rattraper un semestre entier en quelques heures.
L'ambiance est tellement particulière. Indéfinissable.

Un professeur, qui en me rendant une de nos rares copies, qui me lâche : "Vous devriez songer à vous réorienter.". Quoi ? Alors que j'ai abandonné l'architecture pour l'histoire ?
Et le professeur d'ajouter devant mon regard interloqué : "Voyons mademoiselle, vous êtes intelligente. Même les rats savent qu'il faut quitter un navire en train de couler."

...

Moi, je suis fille de la République, j'ai appris la devise comme en d'autres temps et d'autres lieux j'aurais appris le credo. Et même si j'ai toujours été consciente des imperfections des hommes et de la faiblesse des institutions, "Liberté, Égalité, Fraternité" sur les murs de nos mairies me paraissait compenser beaucoup de choses.
Mais je n'y crois plus.

Aujourd'hui, je vis dans un pays où on peut simplement ignorer un mouvement de grève de six mois, même s'il a été massif. Ou on peut le faire céder en menaçant de faire appel aux CRS. Et où on courbe la tête, car on sait que personne ne viendra nous soutenir.

Et je m'abrutis dans ces cours qui n'en sont pas vraiment, et je m'efforce d'ingurgiter toutes ces dates, tous ces faits que je n'ai pas le temps de relier entre temps, d'apprendre à décoder et à comprendre.

Et la flamme qui m'anime se teinte de rage, car ils ont tué la démocratie à laquelle je croyais, parce que ma République chérie est morte, pour n'être plus qu'un simulacre à mes yeux désillusionnés.

Mais sur le mur de ma fac, quelqu'un a déposé le trente-cinquième article de la Constitution du 24 juin 1793.
Pourquoi est-ce que j'ai si mal au cœur ?

Publié dans Politique citoyenne

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Stéphane 25/06/2009 19:07

Courage, Harmonie, accroche-toi !  Je ne doute pas que tes choix soient mûrement pensés et réfléchis.A très bientôt ;-)

Harmonie 26/06/2009 20:47



Mais bien sûr, surtout que pour le moment, je réussis très bien en Histoire, aucune raison de décrocher.



roland 24/06/2009 21:38

oui, la fameuse "démocratie" dont on nous rebat les oreilles, n'est plus qu'un simulacre, aussi faux et instrumentalisé que le "socialisme" de feue l'URSS, bien des choses sont ultra-inquiétantes en ce moments, tout se délite, mais le plus inquiétant c'est le peu de réaction des gens. On se met à repenser à cette page de Milton Mayer qui circule sur le net (dans son livre "Ils pensaient qu'ils étaient libres - les allemands 1933-1945") ou aux juifs français de 1940 qui cousaient bien poliment de leurs propres mains des étoiles jaunes sur leur vêtements. Ben quoi ? c'était la loi ! et à la loi on obéit, non ? nous on n'a rien à se reprocher, donc on n'a rien à craindre, on va pas se mettre à désobéir quand -même !!Puisque vous aimez les adages latins il y en a un qui ditPrincipii obstat et finem respice.(et il y en a 53% qui ont trouvé le moyen de voter pour le dangereux psychopathe qui nous gouverne et pour sa encore plus dangereuse clique ! et après on s'étonnera que les iraniens puisssent avoir voté à 60% pour Ahmadinedjad)Non, il ne faut pas seulement aapprendre des dates il faut chercher à comprendre ce qu'il y a derrière, et se souvenir des gens pour qui c'était (c'était ...) "ici et maintenant": http://miiraslimake.over-blog.com/article-879749.html

Harmonie 24/06/2009 23:37



Le pire étant que moi je n'ai pas voté à ces présidentielles... Puisque j'étais mineure à un mois près !



feedesagrumes 23/06/2009 10:55

Allez Harmonie, haut les coeurs!Tu trouveras ta voie, certainement. En plus, la vie est pleine de surprises, elle nous propose des tas de possibilités pour en faire un enchantement. Et c'est souvent  surprenant

Harmonie 24/06/2009 23:31



Oh oui, je ne m'inquiète pas en avance. J'avance sur mon chemin et je m'efforce de faire au mieux en toutes circonstance. On verra bien.



nicolas dupond 22/06/2009 09:11

Bon courage Harmonie.Il est sûr que tu n'as pas fait le choix le plus facile.Je pense qu'il est quand même plus facile de trouver un boulot dans l'architecture (même si j'ai appris récemment que la situation n'était plus la même que dans les années 70 et qu'il y avait dans ce secteur beaucoup de jeunes qui galèrent) qu'avec un diplôme d'histoire.A part obtenir un CAPES ou une agrégation (dont les places au concours se réduisent comme peau de chagrin grâce aux ultralibéraux qui nous gouvernent. Merci la RGPP) et devenir professeur, il y a bien peu de débouchés.

Harmonie 22/06/2009 21:02



J'ai envie de devenir professeur, donc de tenter les concours. Sinon, avec une licence on peut tenter d'autres concours de la fonction publique...



christian vancau 22/06/2009 07:09

Eh bien ce n'est pas Jojo tout celàJ'ai envie de 'cioraner" "Je rêve d'un monde où l'on mourrait pour une virgule"Si tu as bifurqué vers l'Histoire, Harmonie, il y a certainement une raison profonde. Suis ton instinct et l'Histoire va peut-être t'amener des surprises que tu ne soupçonnes pas encoreCourage. Il faut lutter pied à pied pour pouvoir se définir d'abord, se dire ensuite

Harmonie 22/06/2009 21:01



Je ne regrette pas d'avoir bifurqué, de toute façon, on ne peut pas savoir de quoi demain sera fait.