Vendredi 19 juin 2009
Une chose amère, une chose déplorable, une chose assurément horrible à penser, terrible à entendre, un crime détestable, un forfait exécrable, un acte abominable, une infamie affreuse, une chose tout à fait inhumaine, bien plus, étrangère à toute humanité, a, grâce au rapport de plusieurs personnes dignes de foi, retenti à nos oreilles non sans nous frapper d'une grande stupeur et nous faire frémir d'une violente horreur ; et, en pesant sa gravité, une douleur immense grandit en nous d'autant plus cruellement qu'il n'y a pas de doute que l'énormité du crime déborde jusqu'à être une offense pour pour la majesté divine, une honte pour l'humanité, un pernicieux exemple du mal et un scandale universel.
Qu'as tu fait ? pourquoi avoir détruit nos existences ? pourquoi avoir choisi le silence comme mode d'expression ? En vérité, tu te refuses à parler, et par tes lèvres closes tu nous condamnes tous ; malheur à toi ! Tu sais, lorsqu'un enfant n'a pas vécu avec ses parents, il recherche, au cours de toute sa vie, cette protection  qu'il n'a jamais eu.
Mais nous sommes forts, ou du moins nous nous croyions tels, avant que l'écho de tes forfaits ne parvienne jusqu'à nous.
Tu es nôtre quoi que tu en dises, tu nous appartiens et le lien te retient.

Tu ne peux pas nous abandonner maintenant, nous dénier ta protection, pas après avoir juré, pas après avoir prêté serment ! Tu ne peux pas nous trahir, nous formons un cercle et personne ne peut en sortir car comme tu le sais, c'est tout ce que nous sommes.

Qu'est-ce qui a pu te pousser à de telles extrémités ? Pourquoi as-tu fait cela ? Et maintenant, tu te tais, et nous allons mourir par ta faute.
Si tu pars, nous mourrons car nous sommes tout et sans toi, nous ne sommes plus rien. Tu le sais n'est-ce-pas ? Tu ne pouvais pas l'ignorer ! Tu le savais quand tu as isolé ton esprit du notre, que tu est devenu un je étranger quand il n'y avait que nous.
Tu es maintenant un intrus et nous devons te supprimer pour retrouver l'osmose du cercle. Nous garderons ton souvenir précieusement, car nous n'oublions jamais ce qui a été, de même que l'ancienne piqûre sur le membre amputé gêne encore celui qui a été mutilé. Nous ne sommes pas fiers de ce sacrifice mais il n'existe aucune autre solution.

Peut-être que nous n'y survivrons pas non plus : il y a si longtemps que tu es nôtre que peut-être que nous ne pouvons plus vivre sans toi.
Te tuer serait nous tuer car si toi tu as décidé de redevenir toi, nous, nous sommes encore nous avec toi y compris. S'il-te-plaît... tu vois à quelles extrémités tu nous conduit... reviens... et tout cela ne sera plus qu'un affreux cauchemar.

Bien sûr tu devras payer ta faute par le jeun et la loi du silence pendant douze mois. Mais tu sais que ce n'est que pour sauver les apparences, et tu ne seras plus seul, tu seras apaisé puisque le cercle sera reformé. De toute manière, tu n'as pas le choix... De quel droit pourrais tu prendre une décision qui nous concerne tous ? Nous ne comprenons pas ton entêtement à vouloir rester séparé, non vraiment qui souhaiterait une telle solitude ? as-tu déjà oublié la paix que nous avons si longtemps partagée ?

Tu veux rejoindre l'enfer alors que nous t'avons accueuilli au paradis... tu n'as donc pas de parole... scélérat !!! En vérité tu es maudit ! Et tu seras à jamais maudit, par la damnation que tu as toi-même attiré sur ta tête, alors même que nous t'avions offert l pardon pour tes crimes.

...

Et voilà, tu n'es plus. Tu aurais dû savoir à quel point c'est fragile, un miroir.


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Encore un texte écrit à quatre mains avec Sam. La première phrase n'a pas été écrite par nous, elle provient d'un texte que j'ai rencontré dans mes cours d'histoire, qui saura deviner lequel ?
Par Harmonie - Publié dans : Mes univers, mes écrits - Communauté : Ecriture Ludique
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