Verhaeren, C'était en juin, dans le jardin

Publié le par Harmonie

C'était en juin, dans le jardin,

C'était notre heure et notre jour ;
Et nos yeux regardaient, avec un tel amour,
Les choses,
Qu'il nous semblait que doucement s'ouvraient
Et nous voyaient et nous aimaient
Les roses.

Le ciel était plus pur qu'il ne le fut jamais :
Les insectes et les oiseaux
Volaient dans l'or et dans la joie
D'un air frêle comme la soie ;
Et nos baisers étalent si beaux
Qu'ils exaltaient et la lumière et les oiseaux.

On eût dit un bonheur qui tout à coup s'azure
Et veut le ciel entier pour resplendir ;
Toute la vie entrait, par de douces brisures,
Dans notre être, pour le grandir.

Et ce n'étaient que cris invocatoires,
Et fous élans et prières et voeux,
Et le besoin, soudain, de recréer des dieux,
Afin de croire.

 

 

Émile Verhaeren

Les heures d'après-midi

Publié dans Poésies que j'aime...

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Roland 03/07/2009 23:10

comme je comprends et j'aime ce poème !!hélas

Harmonie 16/08/2009 21:16



Les poètes savent mettre les mots sur ce que nous ne savons pas dire. C'est là leur don.