Mary Higgins Clark, Je t'ai donné mon cœur

Publié le par Harmonie

Le problème quand on est privé d'internet, c'est qu'il faut quand même occuper ses soirées. Ce qui signifie en ce qui me concerne un de mes besoins primaires : la lecture. Mais ce temps supplémentaire me pousse à lire à peu près tout ce qui me tombe sous la main (et j'ai de grandes mains quand c'est nécessaire).
J'avais déjà lu d'autres livres de Mary Higgins Clark, bien que je sois incapable d'en citer les titres ou les intrigues. Ils ont rejoint l'innombrable cohorte de ces livres lus et à demi oubliés, dont les personnages ne font plus écho en moi que lorsque que leurs vies me sont à nouveau contées. Bref, je me suis lancée dans ce livre comme lorsqu'on espère, en abordant un continent inconnu, reconnaître par hasard une empreinte familière.

C'est l'histoire d'une actrice, qui est assassinée alors qu'elle est en instance de divorce. Sa colocataire a elle aussi été assassinée, une vingtaine d'années plus tôt, et l'actrice est sûre d'avoir reconnu le meurtrier de l'époque. Voilà pour l'introduction.
Évidemment (mais il y a beaucoup d'évidences dans ce livre), c'est le mari-pas-encore-divorcé de l'actrice qui est accusé du meurtre, et le procès débute deux ans plus tard, mené par la jeune et jolie Emily, qui se trouve avoir subi une transplantation cardiaque deux ans auparavant. Non, je ne vous dirai pas de quel cœur il s'agit, préservons le supense...
Évidemment, le procès condamne le pas-tout-à-fait-ex-mari de l'actrice. Et tout aussi évidemment, des maladresses, voire carrément des malveillances, ont été commises durant l'enquête et il se pourrait même qu'il soit innocent. Emily le sent dans son cœur, hein.
Ah oui, j'oubliais le tueur en série qui habite la maison voisine, personnage strictement inutile d'un point de vue d'intrigue, mais strictement nécessaire si vous voulez un peu d'angoisse. Enfin, à condition que vous croyiez l'auteur capable de tuer sa jeune et jolie Emily.

Personnellement, au bout d'une cinquantaine de pages seulement (et cinquante pages sur quatre cent c'est vraiment court) j'avais une hypothèse sur l'identité du tueur. Qui s'est révélée exacte, ce qui en dit long sur la complexité de l'intrigue. C'est extrêmement agaçant de lire un roman dont le seul intérêt réside en l'enquête (ce qui n'est pas le cas de tous les polars, certains jouent les Colombo et annoncent dès le départ l'identité du tueur) et qui ne vous offre que des psedos rebondissements, n'infirmant jamais mon hypothèse de départ.
J'ai poursuivi ma lecture dans l'attente d'un coup de théâtre. S'il est venu, c'est que nous ne partagions pas la même définition du mot "coup de théâtre".
Le coup de grâce m'étant porté lorsqu'Emily s'exclame "Oh, je n'aurais jamais cru que c'était lui !". Et là, une désagréable pensée m'a traversé l'esprit : soit ce personnage est idiot (mais j'ai toujours de l'indulgence envers les personnages, ils n'ont pas toujours su choisir le bon auteur), soit l'auteur est idiote (mais je ne me le permettrais pas), soit elle nous prend pour des idiots.
Et puis ça finit sur le cœur transplanté, pleurez violons, c'est la pure séquence émotion à l'américaine.

Et puis, au delà de l'histoire elle-même, les problèmes de typographie n'ont cessé de m'horripiler tout au long du livre, ce qui a sans doute contribué à la chute drastique de mon seuil de tolérance. Quand on paye vingt-cinq euros un livre neuf, la moindre des choses c'est qu'il ait été relu correctement. Heureusement que je ne l'avais pas acheté, et qu'il ne s'agissait que d'un prêt, sinon j'aurais écrit une lettre enflammée et rageuse à la maison d'édition infoutue de se rendre compte que les règles de typographies diffèrent parfois entre l'anglais et le français. Et oui, ça aussi, ça doit se traduire.

J'ai reposé ce livre en ayant le sentiment rare d'avoir gaspillé deux heures de ma vie, heures que j'aurais employées de manière bien plus utiles en rédigeant des critiques pour ce blog, par exemple...

Publié dans Libres Amandi Sunt

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Maeglyr 21/07/2009 15:10

J'ai rarement été déçu par un bouquin... surement car j'arrête rapidement ceux qui me déplaisent...Ou bien alors parce que lorsqu'on s'attend à la médiocrité, et qu'on en trouve... bah on est pas déçu =)

Harmonie 16/08/2009 21:25



Pour moi, j'ai une certaine dose de lecture nécessaire pour maintenir ma santé mentale. J'avais besoin de lire, et je n'avais que ça. Le besoin s'est révélé plus fort que l'envie de refermer le
livre. Et puis je suis optimiste : j'ai voulu croire jusqu'au bout que c'était possiblement meilleur que ça ne semblait l'être.



LITTERATUS 21/07/2009 12:26

C'est toujours bon de lire ce que nos contemporains aiment, cela nous permet de prendre l'air du temps et ... de nous en échapper aussi !

Harmonie 16/08/2009 21:23



Là, je te conseille vraiment d'échapper à ce livre...



Serein 14/07/2009 23:11

Si tu veux lire de bons, vraiment bons polars, lis ceux de Michael Connelly. Je te conseille Le Poète, un vrai bijou. Rien à voir avec du thriller-industriel, promis ;-)

Harmonie 16/08/2009 21:19



Merci de l'info ! Je le note !



Stéphane 14/07/2009 18:45

Et oui, c'est le problème de nombre de ces auteurs "à succès" : ils travaillent toujours sur le même canevas.  Et les pires sont sans doute ces auteurs français qui se la joue "à l'américaine", les Grangier, Brussolo et autres Chatham.

Harmonie 16/08/2009 21:18



Ben ça tombe bien : je n'ai lu aucun des trois.



fee des agrumes 11/07/2009 20:37

Tu n'as fait que confirmer une intuition sur les livres de cette auteur. Je ne gâcherai pas 2 heures, j'ai bien trop de livres complexes et intéressants à lire!

Harmonie 16/08/2009 21:18



Très bonne résolution.