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Dimanche 6 juillet 2008
Romance del enamorado y la muerte

Un sueño soñaba anoche,
Soñaba con mis amores
Que en mis brazos los tenia.

Vi entrar señora tan blanca
Muy mas que la nieve fria.
- Por donde has entrado, amor?
Como has entrado mi vida?
Las puertas estan cerradas,
Ventanas y celosias.

- No soy el amor, amante:
La Muerte que dios te envia.
- Ay Muerte tan rigurosa
Deja me vivir un dia!
-Un dia non puede ser
Una hora tienes de vida.

Muy de prisa se calzaba
Mas de prisa se vestia;
Ya se va para la calle,
en donde su amor vivia.
- Abreme la puerta, Blanca,
Abreme la puerta, niña!

- Como te podre yo abrir?
Si la ocasion no es venida?
Mi padre no fue al palacio
Mi madre non esta dormida.

- Si no me abres esta noche
Ya no me abriras querida;
La muerte me esta buscando
Junto a ti la vida seria.

- Vete bajo a la ventana
Donde labraba y cosia
Te echare cordon de seda
Para que subas arriba
Y si el cordo no alcanzare,
Mis trenzas añadiria.

La fina seda se rompe
La Muerte que alli venia:
Vamos el enamorado,
Que la hor ya es cumplida.


Juan del Encina
Chanson du XVIème siècle

Je n'arrive pas à mettre les accents, je suis désolée, mais voilà ma traduction personnelle (conserve le sens, mais pas la beauté poétique) :

Romance de l'amoureux et de la mort

Je rêvais un rêve au milieu de la nuit
Je rêvais de mes amours
Que je les tenais dans mes bras

J'ai vu entrer une dame blanche
Bien plus que la froide neige,
- Par où es-tu entrée amour ?
Comment es-tu entrée ma vie ?
Les portes sont fermées
les fenêtres et les jalousies aussi.

- Je ne suis pas l'amour, amant,
Je suis la mort que Dieu t'envoie
- Ah mort si rigoureuse
Laisse moi vivre un jour !
- Un jour cela ne se peut
Tu as une heure de vie

Avec beaucoup d'empressement il se chaussa
Avec plus d'empressement il s'habilla
Et se précipita dans la rue
Où son amour vivait
- Ouvre-moi la porte, Blanche,
Ouvre-moi la porte, petite !

- Comment pourrais-je t'ouvrir,
Si le moment n'est pas venu ?
Mon père n'est pas encore au palais
Ma mère n'est pas encore endormie

- Si tu ne m'ouvres pas la porte cette nuit
Tu ne m'ouvriras plus jamais, chérie
La mort est en train de me chercher
Avec toi la vie serait

- Viens sous la fenêtre
Où je travaille et où je couds
Je te jetterai un fil de soie
Pour que tu montes jusqu'ici
Et si la corde ne suffit pas
J'y ajouterai mes tresses

La fine soie se rompt
La Mort vint jusque là
Partons l'amoureux
L'heure est terminée
par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Samedi 5 juillet 2008
Christine

Une étoile d'or là-bas illumine
Le bleu de la nuit, derrière les monts.
La lune blanchit la verte colline :
- Pourquoi pleures-tu, petite Christine ?
Il est tard, dormons.

- Mon fiancé dort sous la noire terre,
Dans la froide tombe il rêve de nous.
Laissez-moi pleurer, ma peine est amère
Laissez-moi gémir et veiller, ma mère :
Les pleurs me sont doux.

La mère repose, et Christine pleure,
Immobile auprès de l'âtre noirci.
Au long tintement de la douzième heure,
Un doigt léger frappe à l'humble demeure :
- Qui donc vient ici ?

- Tire le verrou, Christine, ouvre vite :
C'est ton jeune ami, c'est ton fiancé.
Un suaire étroit à peine m'abrite ;
J'ai quitté pour toi, ma chère petite,
Mon tombeau glacé.

Et coeur contre coeur tous deux ils s'unissent.
Chaque baiser dure une éternité :
Les baisers d'amour jamais ne finissent.
Ils causent longtemps, mais les heures glissent,
Le coq a chanté.

Le coq a chanté, voici l'aube claire
L'étoile s'éteint, le ciel est d'argent.
- Adieu, mon amour, souviens-toi, ma chère !
Les morts vont rentrer dans la noire terre,
Jusqu'au jugement.

- Ô mon fiancé, souffres-tu, dit-elle,
Quand le vent d'hiver gémit dans les bois,
Quand la froide pluie aux tombeaux ruisselle ?
Pauvre ami, couché dans l'ombre éternelle,
Entends-tu ma voix ?

- Au rire joyeux de ta lèvre rose,
Mieux qu'au soleil d'or le pré rougissant,
Mon cercueil s'emplit de feuilles de rose ;
Mais tes pleurs amers dans ma tombe close
Font pleuvoir du sang.

Ne pleure jamais ! Ici-bas tout cesse,
Mais le vrai bonheur nous attend au ciel.
Si tu m'as aimé, garde ma promesse :
Dieu nous rendra tout, amour et jeunesse,
Au jour éternel.

- Non ! je t'ai donné ma foi virginale ;
Pour me suivre aussi, ne mourrais-tu pas ?
Non ! je veux dormir ma nuit nuptiale,
Blanche, à tes côtés, sous la lune pâle,
Morte entre tes bras !

Lui ne répond rien. Il marche et la guide.
À l'horizon bleu le soleil paraît.
Ils hâtent alors leur course rapide,
Et vont, traversant sur la mousse humide
La longue forêt.

Voici les pins noirs du vieux cimetière.
- Adieu, quitte-moi, reprends ton chemin ;
Mon unique amour, entends ma prière !
Mais elle au tombeau descend la première,
Et lui tend la main.

Et, depuis ce jour, sous la croix de cuivre,
Dans la même tombe ils dorment tous deux.
Ô sommeil divin dont le charme enivre !
Ils aiment toujours. Heureux qui peut vivre
Et mourir comme eux !


Charles-Marie Leconte de Lisle
Poèmes barbares
par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Lundi 30 juin 2008
Quand le ciel étoilé couvre notre demeure
Nous nous taisons durant des heures
Devant son feu intense et doux
Pour nous sentir, plus fervemment, émus de nous.

Les grands astres d'argent tracent là-haut leur route ;
Sous les flammes et les lueurs
La nuit étend ses profondeurs
Et le calme est si grand que l'océan l'écoute !

Mais qu'importe que se taise même la mer,
Si dans l'espace immense et clair
Plein d'invisible violence
Nos coeurs battent si fort qu'ils font tout le silence !


Emile Verhaeren
Les heures du soir
par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Dimanche 29 juin 2008
La Chute des Etoiles

Tombez, ô perles dénouées,
Pâles étoiles, dans la mer.
Un brouillard de roses nuées
Émerge de l'horizon clair ;
À l'Orient plein d'étincelles
Le vent joyeux bat de ses ailes
L'onde que brode un vif éclair.
Tombez, ô perles immortelles,
Pâles étoiles, dans la mer.

Plongez sous les écumes fraîches
De l'Océan mystérieux.
La lumière crible de flèches
Le faîte des monts radieux,
Mille et mille cris, par fusées,
Sortent des bois lourds de rosées ;
Une musique vole aux cieux.
Plongez, de larmes arrosées,
Dans l'Océan mystérieux.

Fuyez, astres mélancoliques,
Ô Paradis lointains encor !
L'aurore aux lèvres métalliques
Rit dans le ciel et prend l'essor ;
Elle se vêt de molles flammes,
Et sur l'émeraude des lames
Fait pétiller des gouttes d'or.
Fuyez, mondes où vont les âmes,
Ô Paradis lointains encor !

Allez, étoiles, aux nuits douces,
Aux cieux muets de l'Occident.
Sur les feuillages et les mousses
Le soleil darde un oeil ardent ;
Les cerfs, par bonds, dans les vallées,
Se baignent aux sources troublées,
Le bruit des hommes va grondant.
Allez, ô blanches exilées,
Aux cieux muets de l'Occident.

Heureux qui vous suit, clartés mornes,
Ô lampes qui versez l'oubli !
Comme vous, dans l'ombre sans bornes,
Heureux qui roule enseveli !
Celui-là vers la paix s'élance :
Haine, amour, larmes, violence,
Ce qui fut l'homme est aboli.
Donnez-nous l'éternel silence,
Ô lampes qui versez l'oubli !


Charles-Mari Leconte de l'Isle
Poèmes barbares

Triste, mais tellement beau...
par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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Samedi 28 juin 2008
Etoiles filantes

Dans les nuits d'automne, errant par la ville,
Je regarde au ciel avec mon désir,
Car si, dans le temps qu'une étoile file,
On forme un souhait, il doit s'accomplir.

Enfant, mes souhaits sont toujours les mêmes :
Quand un astre tombe, alors, plein d'émoi,
Je fais de grands voeux afin que tu m'aimes
Et qu'en ton exil tu penses à moi.

A cette chimère, hélas ! je veux croire,
N'ayant que cela pour me consoler.
Mais voici l'hiver, la nuit devient noire,
Et je ne vois plus d'étoiles filer.


François Coppée
L'exilée
par Harmonie publié dans : Poésies que j'aime... communauté : Les Grands Poètes
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  • : J'ai toujours trouvé que l'autoportrait était un exercice difficile... Ah si, je me balade parfois sous le nom d'Etoile (Etoile = Harmonie).

Remerciements

Je remercie SaT pour m'avoir gentiment offert le dessin qui me sert d'avatar. Drôlement sympa, vous ne trouvez pas ? (c'est lui qui dessine La République des Fourmis ).

 

Je remercie aussi Padidu qui est en train de me fabriquer une bannière.  Et C_kissa qui m'as aidée pour mon fond.
(Voir mon Atelier... )

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