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Lundi 28 avril 2008

Je n'ai jamais parlé du nucléaire sur ce blog pour une raison simple : le sujet à tendance à me rendre folle de rage. C'est un des thèmes qui déclenche ma haine à coup sûr.
Je ne voulais pas en parler parce que si j'en parle, j'irai jusqu'au bout, jusqu'à ce que, tous, vous soyez convaincus qu'il faut sortir du nucléaire.
Que ce n'est pas un combat politique (enfin, si, mais indirectement) mais une question de SURVIE. Que non, ça ne peut pas attendre. Et que ce n'est pas non plus un combat utopique, une lutte pour un idéal dont nous savons tous la réalisation hypothétique et rêvée, mais une possibilité viable, réelle, et qui plus est, nécessaire.

Je ne sais pas de quoi vous parler pour vous convaincre (non pas persuader, mais convaincre). Il me faudrait savoir ce que vous croyez.
Il y a tant de choses à dire.
Je peux vous parler de Tchernobyl, bien sûr, des mensonges français à ce sujet, des conséquences reconnues même par les nucléophiles, et de toutes celles qui sont niées bien que prouvées scientifiquement.
Je peux vous parler du Professeur Nesterenko, de la pectine de pomme...
Ou des travaux du professeur Youri Bandajevsky, qui a été emprisonné, torturé, reconnu prisonnier politique par Amnesty International, sorti de prison et envoyé en "relégation" dans un territoire contaminé à la condition qu'il ne reprendrait pas ses travaux...
Je peux vous parler des lobbies nuclaires, de leurs magouilles, de leur manière d'étouffer le débat...
Je peux vous parler de la soi-disant "parfaite sécurité" des centrales françaises, et de tous ces "incidents" qui auraient pu être si graves et dont on ne parle pas...
Je peux vous parler des déchets nucléaires, de ces poisons dont on ne sait que faire, et que l'on s'efforce de taire, comme si en les recouvrant de silence, on allait les faire disparaître.

Mais pour en avoir déjà discuté avec de nombreuses personnes, je sais que la plupart du temps les réponses tiennent en ceci : "tout le monde sait que c'est dangereux, il y a vraisemblablement beaucoup de choses qui ne sont pas très claires dans tout cela, mais le problème c'est qu'on ne peut pas s'en passer."

Alors peut-être faut-il que je démonte ce qui est le plus gros mensonge de tous : l'énergie nucléaire serait la plus rentable économiquement, la seule solution viable pour l'avenir.
C'est FAUX.

Peut-être, pour que je reste calme (on ne convainc personne lorsque l'on est énervé), vaut-il mieux que ce soit vous qui preniez l'initiative :

Tous ceux d'entre vous qui ne sont pas convaincus que l'on doit sortir au plus tôt du nucléaire - et que c'est possible -, ceux qui n'ont jamais réfléchi au sujet, ceux qui veulent jouer les avocats du diable, allez-y, posez-moi des questions.
Demandez-moi des faits, des dates, des chiffres.

Je ne connais pas tout par coeur, je ne garantis pas une réponse instantanée. Mais je suis en mesure de prouver tout ce que j'avance. Et peu m'importe si cela prend du temps. Si je n'agis pas, moi qui sais, je serai responsable en partie de l'absence de réaction de ceux qui ne savent pas.

Nucléaire, non merci.

PS : le 12 juillet 2008, à 14h, place de la République à Paris, un rassemblement européen est prévu "Pour un monde sans nucléaire".

par Harmonie publié dans : Politique citoyenne communauté : Les Cheminants
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Dimanche 30 mars 2008

L'article de Thra sur "sa haine" m'a beaucoup fait réfléchir. Et je me suis rendue compte que c'était peut-être une erreur de n'être qu'Harmonie sur ce blog.
Je voulais faire de ce lieu un endroit de pureté et de lumière (pureté, c'est-à-dire sans haine, justement), de sérénité.
Mais tout ça - pureté, sérénité, lumière - ne peut exister que s'il y en a le pendant - violence et obscurité.

Comme un vitrail. De l'extérieur, quand vous êtes en pleine lumière, ils paraissent sombres, obscurs. Il faut accepter d'entrer soi-même dans l'obscurité, de courber la tête, de descendre dans les profondeurs, pour pouvoir percevoir leur lumière.

Je ne suis pas qu'Harmonie. Je suis aussi une boule de rage contre tout ce qui ne fonctionne pas dans ce monde, contre tous ces salauds cupides et égoïstes qui s'en fichent de tout détruire pourvu qu'eux aillent bien, contre tous ces autres pour qui ma rage se double de mépris, ces salauds ordinaires, devenus coupables de ce qu'ils n'essayent pas d'empêcher, et dont je fais partie, puisque je ne fais pas grand chose.

Je suis une écologiste - ankologiste, selon le beau terme de Loup Blanc.
Je suis une anti-nucléaire convaincue.
Je suis une pacifiste.
Je suis une altermondialiste.
Je suis une antipub.
Je suis contre les OGM.
Je suis une humaniste - l'homme ne vaut pas plus que l'argent, car l'homme est sans prix et l'argent ne vaut rien.

A ceux qui me disent "nous avons besoin de croissance" je rétorque "décroissance contrôlée"
A ceux qui me disent "rendements" je rétorque "humanité"

Comment osez-vous dire que vous faites des profits, quand vous détruisez des hommes ? Le seul commerce qui peut faire des profits, c'est le commerce équitable. Le reste n'est que mensonges.

Oh ma colère contre toutes nos pulsions suicidaires, masochistes et sadiques, cruelles. Voir souffrir les autres, les rabaisser plus bas que terre, les humilier. Puisqu'un jour je ne profiterai plus de tout cela, que personne d'autre n'en profite ! Tout détruire, pour se détruire soi-même. Espèce unie dans l'abjection, qui a perdu ses rêves de lumière et qui ne s'unit plus que dans l'autodestruction.

Et moi, moi, qui admire tant les antipubs, jamais je n'ai arraché ces pollutions visuelles. Moi qui admire les faucheurs volontaires, jamais je ne les ai rejoint. Moi qui hurle, finalement je me tais, et je participe au massacre, puisque je ne fais rien ou si peu.

Et j'ai la haine, et pourtant je vous aime, je vous aime tous, y compris ceux à qui j'aimerai cracher au visage, parce que voyez-vous, je ne suis pas meilleure, peut-être même pire, puisque moi je n'ai même pas l'excuse de dire que je ne savais pas.

COMMENT AVONS-NOUS FAIT POUR OUBLIER QUE NOUS SOMMES TOUS FRERES ?

Oh merde, voilà que je pleure.

par Harmonie publié dans : Politique citoyenne communauté : Les Cheminants
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Lundi 17 mars 2008

"Ma" liste passe !!!
Youpi !!!

Bon, en fait, elle passe juste juste... 45 voix seulement d'écart...
Tout ça à cause d'un dissident... s'il avait accepté de partir avec la liste d'union, nous passions au premier tour ! Alors que là, c'était limite !

En ce qui me concerne personnellement, je ne suis donc pas élue, puisqu'il aurait fallu que nous fassions 59% des voix, ce qui n'est évidemment pas le cas. On verra si je "monte" en cours de mandat...
Mais c'est quand même une victoire ! Mitigée mais une victoire ! Champagne (virtuel, ne rêvez pas !) pour tout le monde.

Avec une bouteille spéciale pour Isis, ce qui n'a rien à voir avec les élections, mais puisqu'on fait la fête !

 

par Harmonie publié dans : Politique citoyenne
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Vendredi 14 mars 2008

Normalement, quand les électeurs arrivent pour les cantonales, ils sont déjà passés par les municipales, dont le bureau est situé devant la porte. Donc ils ont déjà voté au moins une fois. Comment se fait-il alors qu'il y en ait autant qui n'aient toujours pas compris "comment on faisait" ?
C'est que c'est parfois folklorique, un bureau de vote. Plutôt amusant, avec le recul.

Une petite vieille (entre soixante-quinze et quatre-vingts ans, voire plus) vient se planter devant vous pour annoncer naïvement "que c'est la première fois de sa vie qu'elle vote et si vous vouliez bien lui expliquer..." Votre sourire poli (accroché à vos lèvres depuis l'ouverture du bureau) doit se teinter de stupéfaction. La secrétaire lui explique, et elle finit par se débrouiller. A voté.

"C'est quel bulletin que je dois mettre dans l'enveloppe ?" demande un autre. Vous entreprenez alors d'expliquer que le principe même du vote démocratique c'est de choisir soi-même le bulletin en question. Il faut voter pour celui ou celle que vous pensez le plus adapté. Vous soupçonnez cet électeur d'être un de ceux qui ont glissé plusieurs noms différents dans l'enveloppe, en faisant un bulletin nul et ne donnant sa voix à personne. Mais "a voté !".

Il y a la jeune fille qui va prendre une enveloppe et qui s'approche ensuite de l'urne. On lui explique qu'il est obligatoire de passer par l'isoloir. Elle vous jette un regard agacé, va ramasser les bulletins et retourne près de l'urne.
"Vous devez passer par l'isoloir !"
Elle souffle, marche à grands pas, tire violemment le rideau, reste à l'intérieur moins d'une demi-seconde (en comptant large) fait une boule des bulletins qu'elle balance à la poubelle et revient se planter devant l'urne, agacée.
"C'est bon, là ?"
Oui, c'est bon. A voté.

Une autre petite vieille (soeur jumelle de la première ?). Elle marche à petits pas pressés. Reste plantée devant la table des bulletins. Farfouille. Impossible de voir ce qu'elle fait, elle vous tourne le dos. Les autres électeurs lui jettent un coup d'oeil et la contournent. Au bout d'un bon quart d'heure, elle s'approche de vous.
"Il faut passer par l'isoloir, madame, pour mettre le bulletin dans l'enveloppe."
Elle ouvre de grands yeux un peu perdus.
"Ah bon ? Moi je l'ai mis devant la table."
"Il faut passer par l'isoloir tout de même. C'est une question de légalité et de respect du secret du vote."
Elle fait doucement demi-tour. vous vous attendiez à un passage de quelques secondes, purement symbolique, comme pour l'autre électrice un peu plus tôt, mais non... elle ne ressort pas. De temps en temps, quand vous n'avez pas d'électeurs, vous vérifiez que ses jambes dépassent toujours. Il ne faudrait pas qu'elle fasse un malaise.
Elle finit par sortir et glisse son enveloppe dans l'urne avec un sourire fragile. Elle quittera le bureau près de trois quarts d'heure après y être entrée. Mais, a voté !

Et puis, il y a la masse des électeurs, ceux qui débarquent en troupeau (sauf à la sortie de la messe, où ça fait plutôt procession).
Les clans familiaux, vous voyez défiler successivement la mère, les deux filles, le fils aîné, les cousins, le compagnon de la soeur, le beau-frère par alliance et l'oncle maternel. Sans compter ceux qui ne votent pas, c'est-à-dire les deux bébés dans les poussettes, la dizaine d'enfants entre trois et quatorze ans qui courent partout et le grand-père "qui n'a pas la nationalité française, vous comprenez ?".
Il y a ceux qui vous disputent quand vous écorchez bien malgré vous leur nom : "Mais c'est évident, comme prononciation, pourtant !" Et bien, non, je dois avouer qu'un nom de sept lettres comprenant une seule voyelle, pour moi, ce n'est pas évident à prononcer.
Ceux qui vous regardent suspicieusement "mais vous êtes majeure, vous, seulement ?".

Un autre, débordant de confiance : "Vous êtes sûre qu'il n'y a pas eu de tricherie ?" !!!
Sur ce coup-là, vous êtes complètement sidéré. Une dizaine de réponses  à la Cyrano de Bergerac vous traversent l'esprit :
Pseudo sincère : mais, si bien sûr que nous avons triché, nous ne sommes pas des débutants !
Scientifique : nous avons réussi à inventer un double fond invisible dans une urne entièrement transparente, cela a demandé des années de recherches à nos laboratoires
Mystique : les morts ont aussi le droit de vote, monsieur
Inquiet : Vous êtes sûr qu'il y a eu tricherie ? Vous avez eu vent d'un complot ? Ah, j'y suis, vous travaillez aux Renseignements Généraux ? Oui, je comprends parfaitement que vous n'ayez le droit de ne rien dire.
Compatissant : qu'avez-vous fumé ce matin ?
Mais quelque chose vous dit qu'il n'a pas d'humour, et qu'il risquerait de mal interpréter vos propos, alors vous adoptez la voie diplomate :
"Je n'ai rien remarqué de spécial, mais vous pouvez être scrutateur ce soir pour veiller au dépouillement."
Reniflements. Il lâche un "Non merci" méprisant.
Comme vous voulez. A voté.

Un homme qui a voté vers dix heures du matin, et qui repasse à deux heures de l'après-midi. "Je ne sais plus si j'ai voté, pouvez-vous me dire si j'ai émargé ?". Oui, il y a une signature. Il a l'air soulagé. "Je ne m'en souvenais pas, vous comprenez ?". A voté.

Un homme nous sort sa carte orange comme justificatif d'identité. On lui explique que ce n'est pas un justificatif admis pour voter. On lui lit la liste des justificatifs autorisés par le ministère de l'Intérieur. "Mais j'ai ma photo dessus !" Oui, mais c'est illégal quand même. Repassez par chez vous. Il ne reviendra pas.

Un jeune homme nous sort une carte d'identité de l'Union Européenne. Vous entreprenez alors de lui expliquer qu'en tant que ressortissant de l'Union, il a le droit de voter pour les municipales mais pas pour les cantonales. Il n'a pas l'air d'avoir compris. Vous faites une autre tentative en anglais. Ses sourcils se froncent, vous allez tenter l'espagnol, ah non, c'est bon, il se dirige vers l'isoloir, en ressort pour reposer soigneusement l'enveloppe vide sur le tas, vous sourit.
N'a pas voté.

par Harmonie publié dans : Politique citoyenne
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Jeudi 13 mars 2008

Lever à six heures du matin pour avoir le temps d'avaler un petit déjeuner avant de partir pour le bureau de vote (situé à l'autre bout de la ville, de façon à ce que vous ne puissiez pas vous y rendre à pieds). En fait, ce n'est pas totalement exact : le bureau où vous votez est beaucoup plus près (c'est sectorisé) mais il y a suffisamment de citoyens prêts à le tenir. Vous allez donc renforcer les effectifs extrêmement réduits d'un autre bureau de vote.
Arrivée à sept heures et quart dans le préau de l'école reconvertie pour une journée en haut lieu républicain. Plutôt jolie, l'école, avec un préau bien décoré, qui doit être très agréable lorsqu'il est rempli de centaines d'enfants, mais que vous pressentez tout de suite comme glacé et venteux lorsqu'il est pratiquement vide... et quelque chose vous dit que vous ne verrez pas des centaines d'électeurs impatients aujourd'hui.
Mais vous êtes optimiste : cela pourrait être pire. Imaginez s'il n'y avait qu'une seule élection, là on doit vraiment se sentir isolé. Au moins, avec les cloisons de bois installées pour délimiter l'espace réservé aux municipales de celui réservé aux cantonales, la moitié du préau est occupée (parce qu'ils ont compté large).

A quoi ressemble un bureau de vote ?

Des tables recouvertes de papier marron, des bulletins de vote soigneusement alignés, au millimètre près sur l'une d'elle (parce qu'un tas avancé de quelques millimètres par inadvertance risquerait d'influencer les électeurs). Une liste d'émargement, posée sur un plateau pour être facilement accessible aux handicapés (qui bouge, en plus, ce qui rend toute tentative de signature folklorique sans que l'on sache si cela facilite les choses aux handicapés puisqu'aucun n'est venu). Trois isoloirs aux rideaux blancs (les bleus marines ont été récupérés pour les municipales) dont deux "normaux" et un plus large pour les électeurs en fauteuil roulant.
Et une urne transparente, bien sûr.

C'est très formel un bureau de vote. Vous êtes avec des gens que vous avez l'habitude de tutoyer et d'appeler par leurs prénoms, mais aujourd'hui il n'y a plus que "Madame l'assesseur", "Monsieur l'assesseur" et "Monsieur le Président du bureau".
Vous vérifiez solennellement que l'urne est vide (on ne sait jamais, des fois qu'un bulletin d'une élection précédente aurait été oublié...). Il faut maintenant fermer les deux cadenas. "Monsieur le Président du bureau" empoche l'une des clefs. La garde de l'autre est tirée au sort entre les deux assesseurs présents (la troisième ne s'est pas présentée). Bien sûr, c'est sur vous que ça tombe.
Moment d'angoisse : avez-vous seulement une poche pour l'y glisser ?
Oui, ouf, vous avez pris les bons vêtements. Ce n'était pas marqué, sur le mandat de réquisition (encore un terme très sympathique, vous avez l'impression d'être un criminel ou que la France va entrer en guerre) qu'il était nécessaire d'avoir une poche.
C'est qu'il ne faut pas la perdre, cette clef. Imaginez seulement que vous ne la retrouviez pas le soir, pour ouvrir l'urne, comment ferait-on ? Avec une pince ? Voilà qui ferait un peu désordre, non ?

Mais enfin tout se règle peu à peu. Vous gagnez vos places derrière les tables.

"Le bureau de vote est déclaré ouvert !"

par Harmonie publié dans : Politique citoyenne
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Je remercie SaT pour m'avoir gentiment offert le dessin qui me sert d'avatar. Drôlement sympa, vous ne trouvez pas ? (c'est lui qui dessine La République des Fourmis ).

 

Je remercie aussi Padidu qui est en train de me fabriquer une bannière.  Et C_kissa qui m'as aidée pour mon fond.
(Voir mon Atelier... )

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