Avec cet article, j'inaugure une nouvelle catégorie. Attention, ma paire de ciseaux... Voilà le ruban est coupé ! Applaudissement s'il-vous-plaît.
Début de parenthèse
Je ne voulais pas créer cette catégorie tout de suite, pour cause de campagne électorale (les visiteurs belges ne le savent peut-être pas, mais en France il y a des élections municipales et
cantonales qui s'approchent). D'ailleurs à ce propos, il faut tous aller voter, hein ? Même si vous n'avez pas d'idée, allez glisser un bulletin blanc dans l'enveloppe !
Fin de parenthèse
A cette heure où les discours sécuritaires refleurissent, je me sens obligée de défendre ma banlieue. Non, nous ne sommes pas des racailles, non, le polygamisme n'est pas la majorité, non,
l'excision (crime odieux) n'est pas le principal problème.
Nous sommes devenus enfants d'un ghetto que nous n'avons pas vu se construire. Peu à peu tous les problèmes ont été repoussés ici, et maintenant que nous avons accepté la misère que les autres
refusaient de voir, nous sommes devenus la honte de la société.
Je dis "nous", mais j'ai un avantage par rapport à beaucoup d'autres : je suis blanche, française depuis tellement de générations que s'il y a eu immigration personne ne s'en souvient...
Parfaitement admissible donc dans la "France pure, blanche et catholique" (sauf que je ne suis pas catho) prônée par des extrêmistes sur un site internet dont je ne vous donnerai pas l'adresse de
peur de provoquer une épidémie de vomissements qui ferait craindre aux médecins un retour en force de la gastro.
Bon, tout ça pour dire que je ne souffre pas d'un "délit de faciès" et je vous jure que ce délit existe dans notre République pourtant censée être libertaire, égalitaire et fraternelle.
On ne voit pas sur mon visage que je suis banlieusarde.
Pourtant, parfois j'aimerais bien. Marquer sur mon front "Sequano-dyonisienne et fière de l'être !" et voir les gens choqués.
Parce que quand on est sur Paris, qu'on est pour la journée sorti du ghetto (que personne n'appelle ainsi parce que ce n'est pas politiquement correct), il ne faut surtout pas revendiquer. C'est
quelque chose que l'on doit cacher, comme une tare honteuse.
Moi, j'ai brillament réussi mon bac, je fais les études supérieures qui me plaisent, je ne suis pas en échec (d'ailleurs j'ai validé ma géométrie descriptive youpi !). J'ai toutes les chances
pour "m'en sortir".
Mais trop souvent "s'en sortir dans la vie" correspond à "quitter cette banlieue". N'y laisser que ceux qui n'ont pas eu notre chance, qui sont restés enfermés dans la spirale d'échec et créer
ainsi la misère de demain.
D'ailleurs, il ne se passe rien de bien en banlieue, tout le monde le sait, même les journaux de 20 heures. Quand une voiture brûle c'est "en Seine-Saint-Denis", mais quand c'est une
manifestation culturelle nous devenons "près de Paris".
Géographie variable.
Moi, j'aime ma banlieue et j'en suis fière. Je ne suis pas une citoyenne de seconde zone.
Je ne sais plus qui a dit "en France, nous n'avons pas de pétrole mais nous avons des idées"
Et bien, en banlieue, nous ne sommes pas riches, mais nous savons penser et être lucides.
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